Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu de comédie asiatique. Le Festin Chinois m'a renouée avec ce plaisir que je dois toujours à ce cinéma : le dépaysement mêlé de loufoquerie avec une pointe d'égarement. Déjà que les films asiatiques me perdent toujours un peu (les japonais notamment) du fait de l'éloignement culturel qui, sans un bain quotidien, ne parviendra sans doute jamais à s'estomper, les comédies me submergent à chaque fois d'étonnement.
L'humour est en effet traversé d'un paradoxe incontournable : il est universel mais aussi culturel. Ainsi, je peux tout aussi bien rire pareillement qu'un Chinois devant un mec qui se casse la gueule après avoir glissé sur un patin à roulette que devant un type qui cuisine une patte d'ours en gelée en faisant du Kung-Fu, la seule différence, c'est que dans le deuxième cas, seul le Chinois saura pourquoi il rit.

Pour en revenir au film, comme souvent avec Tsui Hark (même si ce n'est que mon troisième film de lui), le rythme va à cent à l'heure. Les scènes s'enchaînent parfois sans que l'on comprenne souvent les enjeux du premier coup. Cela nécessite une certaine gymnastique, mais une fois qu'on a pris le pli, le film coule tout seul. Tsui Hark est quand même un des rares réalisateurs qui peuvent se permettre d'utiliser un grand angle pour filmer une course poursuite entre voiture et moto. On dirait un clip de Snoop Dog mais ça passe comme du petit lait !
Côté casting, j'ai particulièrement apprécié le personnage féminin (Anita Yuen), complètement habité par cette folie chinoise, cette loufoquerie propre au cinéma asiatique vivifiante à souhait. Avec ses cheveux rouges et son lipstick vert fluo, j'avoue avoir été conquise.

En dehors de cette forme tout à fait appréciable, je dois admettre en revanche que le scénario n'a rien d'extraordinaire et flirte dangereusement avec de gros clichés qui piquent : un petit couple amoureux sans le savoir doit retrouver un ancien grand chef, qui a sombré dans l'alcool suite au départ de sa femme 5 ans plus tôt, afin de le faire participer à un grand concours de cuisine et ainsi sauver le restaurant du père de la fille... J'ai déjà vu cela quelque part, l'histoire du vieux de la vieille qui se remet en selle après avoir connu le succès puis la déchéance.
Cependant, c'est Tsui Hark aux commandes alors il fait se battre un mec avec un poisson géant et nous régale de sculptures au fromage de soja. Cela fait oublier un scénario en manque de protéines.

Le seul hic (qui aurait pu me faire mettre 7/10) est que, pour une amoureuse de la bouffe comme moi (pas de la cuisine car je cuisine assez mal mais de la bouffe, celle qu'on mange, pas que l'on fait), le film est culinairement peu ragoûtant. Déjà que je n'aime pas la nourriture asiatique alors la cervelle de singe à l'aileron de requin...

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le 10 avr. 2012

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Before-Sunrise

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