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Seconde incursion dans le cinéma de Maury et Bustillo, et j’en ressors atterré. Le duo m’avait montré avec The Deep House un film imparfait mais pétri de bonnes idées et de passion pour le genre, mais là ce n’est pas de l’imperfection, c’est simplement mauvais à tous les étages (ce qui ne me fait pas remettre en cause la volonté de bien faire de la démarche). Je ne sais pas trop comment procéder autrement qu’en faisant l’inventaire de ce qui ne fonctionne pas, et voir s’il reste quelque chose à sauver par la suite.
L’acting? Complètement aux fraises, très récité, trop articulé, simplement faux. Est-ce le prix de l’intelligibilité qui fait défaut à beaucoup de films francophones? Toujours est-il que tout le film pâtit de jeu complètement à côté de la plaque de la part d’absolument tous les acteurs, qui ne prononcent jamais un mot plus haut que l’autre et nous font sombrer dans une lente léthargie dénuée d’empathie.
Une léthargie que la musique générique sortie tout droit d’une banque son gratuite du web vient renforcer. Ces plages electro insipides contribuent à cette absence d’ambiance déjà bien entamée par une photo et une mise en scène sans reliefs.
Mais pire encore que l’absence d’intérêt de la forme, c’est bien l’écriture qui enterre le projet dans sa nullité. Si l’histoire en elle-même n’a rien de honteux, vague resucée de toute une pelleté de thrillers vengeurs à tendance horrifique qui ne suscitera aucune surprise et dont le twist est éventé, c’est la façon dont tout cela est amené qui est rude, et notamment les relations entre les personnages.
Tous sont des trous du cul qui s’antagonisent gratuitement dès qu’ils se parlent, sans réelle raison autre que “c’est dur ce qu’on vit”, quitte à flinguer tout semblant de crédibilité. On prendra par exemple la scène où Virginie Ledoyen voit son co-enquêteur en serviette dans le hall de l’hôtel en train de l’avertir de la présence d’un intrus, et qu’elle l’envoie chier sans l’écouter parce que la police et la gendarmerie ne se mélangent pas. Et lui de s’écraser plutôt que d’insister… C’est complètement con. Ou quid du postulat de cette même femme de fiérement arborer qu’elle ne porte pas sa ceinture de sécurité, juste pour faire chier? On pourrait croire à un instinct de mort, au vu de son passif vaguement évoqué, mais ce n’est jamais réutilisé par la suite et sonne plutôt comme un expédient narratif pour la mettre hors d’état de nuire lors d’une scène de course poursuite qui survient plus tard.
Globalement, tous les personnages sont des imbéciles qui soit entravent la coopération quand ils sont du bon côté, soit se grillent en un instant quand ils sont mauvais. Une telle vision des relations interpersonnelles, ça relève de la misanthropie.
Du coup, une fois que tout cela est dit, il ne reste rien à sauver. Même le cadre des Vosges n’est jamais exploité autrement que pour simuler l’isolation, et ne propose jamais de s’immerger dans les beaux paysages. Allez, tout juste peut-on saluer les reconstitutions des meurtres qui font office de soubresaut dans l’encéphalogramme plat que constitue le film. Le Mangeur d’âmes est un mauvais téléfilm du dimanche aprem devant lequel on aura mieux fait de s’assoupir pour ne pas que le temps que l’on y consacre soit vraiment perdu.
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Créée
le 17 oct. 2025
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