Après l’excellent « Dîner », Barry Levinson nous propose ici une fable sur le rêve américain et la rédemption, portée par la performance magnétique de Robert Redford. Adapté du roman de Bernard Malamud, le film revisite le mythe du héros tragique à travers l’univers du baseball, sport érigé ici en métaphore de la destinée humaine.
Le personnage de Roy Hobbs (Redford), joueur prodige dont la carrière fut brisée par un événement dramatique, incarne la figure archétypale du héros américain : talentueux, moralement pur, mais inexorablement rattrapé par la fatalité. Levinson inscrit son récit dans la tradition du mythe, entre western et épopée biblique. Chaque geste de Hobbs semble habité par une dimension symbolique : frapper la balle devient un acte quasi sacré, une tentative de reconquérir l’innocence perdue.
« Le Meilleur » parle autant de la gloire éphémère que du poids du passé, de la tension entre corruption et pureté, ambition et humilité. Dans ce monde où tout semble soumis à la manipulation et à l’argent, Hobbs reste l’incarnation d’un espoir fragile, celui d’un retour possible à la sincérité.
Bon, malgré sa beauté visuelle et son ampleur symbolique, « Le Meilleur » demeure un film au schéma narratif classique, celui de la chute et de la rédemption. Le scénario suit une trajectoire familière, la promesse, la perte, puis le retour triomphal, qui s’inscrit dans une tradition hollywoodienne éprouvée. Levinson ne cherchant jamais à bouleverser ce canevas.
Solide donc, mais sans surprise.