Deux étoiles pour Bourvil, une pour les musiques de Claude Bolling.
Il s’agit de l’une des toutes dernières apparitions du grand Bourvil au cinéma. S’il ne dépasse que rarement les standards de la comédie populaire française, « Le mur de l’Atlantique » échappe au naufrage grâce à la bonhomie et au génie comique de l’acteur.
Hormis sa performance et les thèmes composés par Claude Bolling, il ne reste pas grand-chose à conserver de la comédie.
Les seconds rôles sont tout bonnement insipides, notamment le jeune couple Jeff/Juliette. L’interprétation de Sara Franchetti est un massacre. Non seulement son personnage est inutile, mais en plus mal joué. Mis à part sa jolie frimousse, la jeune femme n’apporte rien à l’œuvre. Plus que les personnages pris individuellement, ce sont aussi les nationalités qui en prennent pour leur grade. On retient tous les traits principaux de chaque pays et on les balance pêle-mêle à chacun. Les anglais boivent leur thé et ont des goûts culinaires douteux, les allemands sont tous de faux-méchants et stupides nazis...
Tout ça pour dire que les personnages sont mauvais, et que les liens entre eux ne sont pas mieux. La relation entre Léon et Jeff est étrange. Entre amour et haine, mais mal dosée. Cela manque de réalisme, la dynamique entre eux ne prend pas.
S’il y a autre chose qui n’a jamais pris, c’est l’humour. On est ici bien loin de « La grande vadrouille » (la comparaison avec le film de Gérard Oury est un peu facile, tellement l’intrigue est ressemblante). La mise en scène de Michel Camus est on-peut-plus classique, la plus grosse erreur du réalisateur ayant été de glisser des images d’archives dans son œuvre. Ce procédé casse l’action et entraîne une mauvaise lisibilité de certaines scènes.
Pour résumer : rien de terrible, ce n’est ni drôle, ni bien écrit, ni bien joué (excepté Bourvil). Une heure quarante que l’on sent bien passer...