Comment commencer la critique d'un film si culte ? Et bien...comme ça je suppose...Ce qui m'a d'abord poussé à voir ce film c'est le fait que le scénario a été écrit par Jacques Prévert. Il a fait chaviré mon cœur à travers sa poésie et j'espérais que dans ce film il saurait la retranscrire. Et bien c'est réussi, chaque réplique est culte et illustre le début du cinéma parlant français où les dialogues sont soignés et pleins de poésie. C'est un cinéma de grande qualité et qui, je trouve, n'a pas du tout vieilli, et est très en contraste avec certains films français que l'on trouve de nos jours. Certes, il s'inscrit dans une époque précise : cinéma d'avant-guerre, fin du muet, on veut s'exprimer, lâcher ce qu'on a à dire, à partager au public mais il reste intemporel et peut traverser les époques en étant toujours plaisant à regarder.


Cet amour que je porte aux dialogues très travaillés du film je le porte aussi aux personnages : le déserteur joué par Jean GABIN, est exceptionnel ; ce gars qui veut fuir, rester seul, on le voit ensuite amoureux et tiré par les fils du destin, embarqué dans des événements dans lesquels il ne devrai pas être impliqué causant cet amour impossible avec la jeune et magnifique Nelly aux beaux yeux si clairs, qui voit ses seuls espoirs se détruire. Tellement de poésie se dégage de ces personnages, même dans celui du petit ivrogne qui est surement le seul heureux à la fin, dormant dans ses draps blancs, et aussi dans l'artiste, dépressif, qui peint "les choses cachées derrière les choses"... Ces petits personnages du quotidien, ce sont ceux que l'on croisent dans la rue, ceux qui veulent être heureux, ce qui le sont avec rien. C'est toute la beauté de ce film que de donner la réplique à des gens banals.



Vous aimez la vie vous ? - Ouais y'a des jours ! - Et la vie elle vous aime ?- Bien, jusque là elle a été plutôt vache avec moi mais elle changera p't'être puisque j'l'aime !



La Quai des Brumes donne envie de voir la filmographie de Marcel Carné plus en détails, et de découvrir en profondeur le réalisme poétique, car c'est le premier film que je vois de cette époque, qui semble riche et magnifique cinématographiquement.

Redmill
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le 27 oct. 2016

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