Dans l'année qui a suivi la sortie du Quai des brumes et son fameux "T'as d'beaux yeux, tu sais", Michèle Morgan et Jean Gabin se retrouvent à l'affiche du Récif de corail de Maurice Gleize.
Il y a forcément les limitations techniques de l'époque qui rendent parfois le film désagréable à regarder (l'articulation de certains personnages et la qualité de la prise de son ne sont parfois pas très compatibles et il y a quelques plans dans l'obscurité où l'on ne voit pas grand chose).
En revanche la majorité du film est très belle : on a des plans en bateau et en studio dans la première partie qui se mêlent parfaitement et sont très bien composés. Mention spéciale aux plans où il y a le visage de Jean Gabin vu à travers un hublot, la lumière est sublime. Dès que le réalisateur a l'occasion de s'intéresser un peu aux visages de ses acteurs les lumières sont magnifiques. Je ne serais pas étonné d'apprendre que ça a inspiré Les garçons sauvages.
J'ai bien aimé cette histoire même si je pense que la fin doit diviser les spectateurs. En gros je n'ai pas senti à l'avance si ça allait se finir bien ou mal et j'ai fini par miser sur le mauvais cheval, qui me paraissait pourtant plus logique en termes de narration. Ce n'est pas bien grave, on a pas mal de retournements de situation dans le dernier tiers du film et ils sont globalement signifiants et jouent habilement avec les nerfs des spectateurs.