Dans les derniers jours de l’année 1956, le cinéma français revient à La Rochelle, quelques mois seulement après Le Sang à La Tête de Gilles Grangier. D’ailleurs dès les premières images montrant les tours de La Rochelle en arrière plan, j’ai cru que c’était le même film.
Dans le domaine du Salaire, celui de la Peur, je connaissais, bien sûr, et l’avais vu, comme beaucoup d’entre vous, mais celui du Péché, j’avoue, je ne connaissais pas.
Et ça commence très fort avec la citation de Saint-Paul « Le salaire du péché, c’est la mort », une dimension religieuse confirmée peu après devant le « temple du culte réformé » à l’heure du service dominical, totalement absente, si ma mémoire est bonne, du film de Grangier.
Ici on a monté de quelques marches l’échelle sociale : on est passé de la petite entreprise à la grande bourgeoisie.
La réalisation est tout sauf révolutionnaire, ce qui convient fort bien à ce milieu. Et si la Nouvelle Vague du cinéma français « entra dans la carrière » après avoir « cassé la gueule à ses ainés » comme le disait Ferré dans une chanson n’ayant aucun rapport avec le cinéma, l’auteur nous offre ici un objet qui me rappelle beaucoup certains films, pas de Godard évidemment, mais de Chabrol très certainement.
Jean-Claude Pascal est si antipathique dans un rôle qui ne l’est pas moins que Darrieux, royale comme presque toujours, en arrive à rendre peu crédible son personnage d’épouse amoureuse d’un tel homme.
Pour ce qui est de la troisième du trio, Maurice (y a un jeu d’mots), je reprendrais la citation de Saint-Paul en écrivant : « Le salaire du péché, c’est la Moreau. »
Ce qu’il y a de mieux, dans cette histoire, c’est que la scène où l’épouse pousse le gendre à la confession rappelle beaucoup celle qui montre le gendre pousser le beau-père à la mort.
Et finalement dans ce port de pêcheurs, un bon Salaire qui ne pêche par aucun excès, moi je trouve que c’est bien mérité.