la merveille de ce film, c'est qu'il dure 2h10. et pourtant, en tant que spectateur, j'ai ressenti les deux effets, paradoxaux, du temps. 1- 20 ans, c'est long une fois arrivés à terme : repenser au début c'est toujours nostalgique ; et c'est ce que la dernière partie du film nous transmet. 2- le temps passe vite, très vite : les deux protagonistes exercent le même métier pendant 20 ans, les mêmes rituels toutes les moissons, et essaient de profiter du temps qu'ils savent court. Et nous spectateurs pouvons ressentir cette vitesse car le film nous projette rapidement dans le futur en nous laissant entendre qu'une routine s'est installée. et en sautant les années. ça peut parraître bête mais ça marche super bien.
au début, puis 4 ans après, puis, puis, puis en fait on vieillit sans vieillir, on vit, les enfants grandissent, mais on est pareil, mais différent... et... et au final on vit mais ça passe... et un jour c'est passé. c'est le passé. c'est fini.
par ailleurs je pense que le fait que les deux personnages soient homosexuels permet d'ouvrir une dimension en plus. Ennis Del Mar a des enfants, une femme, un travail. Il est père. Mais il y a cette chose qui est plus grande que le reste et qui ronge sa vie, sa femme et par conséquent sa famille. mais en fait ça aurait été pareil si Jack twist était une femme non? donc le seul message à travers cette homosexualité c'est "libérez vous des carcans de la société?" ou il y a autre chose? je ne sais plus où je voulais en venir
bref un film qui est beau dans sa retranscription du temps et de la vitesse de la vie. son imprévisibilité aussi.