Pour un film de Claude Pinoteau, c’est étonnamment regardable au moins pour son sujet, à savoir cette histoire d’espionnage un peu bancale sur les détails certes, mais qui tient globalement assez bien la route finalement. Loin, très loin de James Bond, on baigne ici dans le réalisme bienvenu des barbouzes à l’ancienne… et sans chapeau ou presque. Mais avec l’imper’ mastic tout de même.
Evidemment, le film repose en grande partie sur les solides épaules d’un Lino Ventura sobre, mesuré et convaincant dans le rôle de l’homme pourchassé par un KGB omniprésent… Mais Pinoteau reste Pinoteau et s’il aime poser ses caméras dans les voitures et les trains, il ne fait que ça : filmer dans les voitures et les trains. Et dans les bistrots et les hôtels aussi : il faut bien que le Ventura en cavale dorme et se restaure, car un Ventura, ça consomme une livre de rillettes et deux ballons de rouge au km.
Bref, Pinoteau nous fait somnoler par ses répétitions mais également par ses longueurs -ceci expliquant cela- et sa mise en scène tient davantage du film psychologique que du film d’espionnage proprement dit ; la musique neuneu au piano pleurnichard peut en témoigner, d’ailleurs.
On a donc du mal à terminer le film qui ne veut pas vraiment se terminer, semble-t-il, mais qui se termine enfin éventuellement… Ah que ç’a été laborieux tout cela tout de même ! malgré un sujet assez intéressant pourtant. Mais que voulez-vous, c’est ça, les films français, du moins certains à deux de tension…