Dès la première image, on est saisi par la qualité de la photo. La danse mystique qui ouvre le film plonge dans l'ambiance, et on comprend d'entrée que le film est un véritable ovni. S'y ajoute une interprétation largement "habitée", où les acteurs se donnent à fond. On part donc avec une claire envie d'aimer le film. Malheureusement, Le testament d'Ann Lee s'avère rapidement un summum niveau prétention d'auteur. Terriblement affecté, lourdingue comme un cassoulet, et au final, incroyablement ennuyeux en dépit des moyens conséquents portés à l'écran. Par ailleurs, le film cumule quantité de moments gênants, tantôt malaisants, tantôt ridicules. De ce côté, on a l'embarras du choix.
Bizarrement, il prend le parti de ne pas interroger les motivations de ses personnages. Ces mystiques perdus dans leur délire puritain sont présentés d'une manière très complaisante, comme s'il était évident qu'ils étaient détenteurs d'une incontestable vérité. A aucun moment, le film ne remet en cause leur vision des choses. A tel point qu'on se demande rapidement si, davantage que ses personnages, ce n'est pas le film lui-même qui fait œuvre de prosélytisme. On ose espérer que c'est involontaire tellement la présentation de ce christianisme évangélique est crypto régressive. A côté, le cinéma de Mel Gibson passe pour moderne et réformateur. C'est dire.
A l'issue du film, on ne voit toujours pas bien où il veut en venir, et pourquoi il paraissait si nécessaire de dresser un portrait de cette Ann Lee qu'on n'a décidément pas envie de connaître davantage.