Film très noir sur le suicide en quelques semaines, par la boisson, d’un scénariste déchu à cause de son alcoolisme (Nicolas Cage, qui en emporte l’Oscar 1996) et sa rencontre avec une prostituée (jouée par Elisabeth Shue) qui le recueille et l’accompagne jusqu’à son dernier souffle, sans jamais le juger.
Le jeune écrivain auteur du livre, John O’Brien, alcoolique, s'est suicidé par arme à feu 15 jours après avoir vendu son scénario à Figgis. Son pere dira que ce livre était sa lettre d‘adieu.
Est-ce le tour de force de Figgis, qu’on aille jusqu’au bout du film sans le fuir, ce qu'une pénible histoire de ce type aurait pu provoquer ?
Par exemple, je n’ai jamais voulu voir The Lost Week End de Billy Wilder (avec Ray Milland) ou A Day of Wines and Roses de Blake Edwards (avec Jack Lemmon et Lee Remick), films célèbres sur des sujets voisins : peut être serais-je maintenant encouragé, après avoir vu ce film, à essayer ?
Une question générale mérite alors d’être posée : celle de l’intérêt pour un film, ou celle de son rejet, à cause de ses scènes scabreuses.
C’est une question qui concerne aussi bien l’auteur du film (qu’est-ce qui l’intéresse vraiment là) que le spectateur (pourquoi les supporte-t-il ? Ou bien pourquoi les trouve-t-il attractives ?).
Il y a des films que l’on fuit à cause de ces scènes et d’autres où on supporte ces scènes voire même on les apprécie.
Sans doute cela dépend-il de plusieurs facteurs à la fois : de l'équilibre entre ces scènes et le développement de l’histoire, autrement dit de leur place légitime ou non par rapport au reste ; de l’interêt même de l’histoire dans son ensemble ; et des éléments de compassion, de hauteur voire de noblesse qui accompagnent l’exposé du sordide.
Voilà, c'est ce genre de film. Il vous fait faire des embardées vers le trop sérieux.
(Notule de 2019 publiée le 20 décembre 2025).