Une des premières choses qui frappe à la vue du film, c'est la vérité qui se dégage de la description du petit village sous l'occupation italienne, puis allemande. Melville y porte toute son attention, sa science des détails , justes ancrant le film dans un terreau réel alors même que l'essentiel se passe dans la tête des personnages.
Dans la version originale du film qui faisait plus de trois heures, Melville s'attachait plus encore à Barny et reléguait Léon Morin à l'arrière-plan. Mais même en l'état, c'est un magnifique portrait de femme, le seul film avec "Les enfants terribles" où le point de vue du spectateur épouse celui d'un personnage féminin Le film tourne autour de ce besoin d'amour qui envahit les femmes en cette période où les hommes sont absents, et Melville n'y va pas par quatre chemins « L'idée principale était de montrer ce prêtre allumeur qui aime exciter les filles et ne les baise pas »,
Le seul bemol est le découpage en chapitres avec fondu mais a part cela il y a Emmanuelle Riva, l'actrice est littéralement éblouissante dans ce rôle, charmante par ses irrésistibles moues, nous faisant fondre par ses regards tristes. Belmondo explorant avec ce rôle une nouvelle facette de sa personnalité, le réalisateur sent tout de suite chez lui une immense présence, sait qu'il est un grand comédien et sa prestation habitée dans Léon Morin va lui donner entièrement raison.
Léon Morin prêtre est film passionnant et d'une grande richesse,
( O.Bitoun )

Chicago
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Mes "Bébel" préférés

Créée

le 24 mars 2017

Critique lue 373 fois

Chicago

Écrit par

Critique lue 373 fois

3
1

D'autres avis sur Léon Morin, prêtre

Léon Morin, prêtre

Léon Morin, prêtre

8

oso

912 critiques

Coquin le curé

Généralement peu friand des oeuvres qui ont pour thème central la religion, je dois dire que j'ai abordé le film avec un petit soupçon de scepticisme quand j'ai compris où il voulait aller. Toute sa...

le 4 avr. 2014

Léon Morin, prêtre

Léon Morin, prêtre

9

Centauremalicieux

44 critiques

Liberté des enfants de Dieu et amour de la vérité.

On peut évidemment faire beaucoup de reproches au septième film de Jean-Pierre Melville, on peut trouver des défauts de montage, d'enchaînements peu convaincants, on peut même penser que certaines...

le 28 juin 2017

Léon Morin, prêtre

Léon Morin, prêtre

9

Fêtons_le_cinéma

3804 critiques

Par besoin de croire

À l’heure où la foi religieuse est investie par le cinéma et la série sous l’angle du fanatisme à combattre – pensons à Unorthodox ou aux œuvres sur la radicalisation islamiste, Le Jeune Ahmed et...

le 8 juil. 2020

Du même critique

Delphine et Carole, insoumuses

Delphine et Carole, insoumuses

8

Chicago

678 critiques

Un vrai combat bien avant Me Too

"C’est l’histoire d’une grande amitié entre deux amoureuses de l’image, l’actrice Delphine Seyrig et la vidéaste Carole Roussopoulos. Quelques mois avant sa mort (en 2009), celle-ci décide de faire...

le 31 janv. 2020

Un peu de soleil dans l'eau froide

Un peu de soleil dans l'eau froide

9

Chicago

678 critiques

Une femme admirable et bouleversante

Inconnue, elle était ma forme préférée, Je n’avais pas le souci d’être un homme, Et, vain, je m’étonne d’avoir eu à subir Mon désir comme un peu de soleil dans l’eau froide. Paul Eluard. Lassé de sa...

le 6 déc. 2015

L'Été en pente douce

L'Été en pente douce

7

Chicago

678 critiques

L'été meurtri !

"L'été en pente douce" est plus un film d'atmosphère que d'autre chose. Ici, pas de scénario poussé très loin, pas de grandes intrigues. Mais tout y est juste, la jalousie, la bêtise, la rivalité, la...

le 3 sept. 2016