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Je ne saurai jamais dire aussi bien que Laurent Pécha dans "Ecran Large" :

Dans la carrière de John Carpenter, Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin constitue une sorte de paroxysme de ses relations plus que tendues et masochistes avec les studios. Franc-tireur du cinéma américain, Carpenter ne s'est jamais laissé dompter par le système et pourtant, comme il le dit si bien lui même, il en fait partie et ne dédaigne pas à l'occasion le confort du capitalisme qu'il a si bien dénoncé dans They live, son film le plus ouvertement politique à ce jour. Le réalisateur de The Thing (une de ses autres incursions réussies chez les grands pontes d'Hollywood) est un sacré magicien, un génie de l'esbroufe : chaque image, chaque plan, dialogue, situation de Jack Burton le démontrent.

Alors que Hollywood est régi depuis la nuit des temps par le système du final cut, frustrant à jamais des milliers de cinéastes qui voient leurs films être modifiés en dépit de tout bon sens (artistique), voilà qu'en 1986 débarque un film hors normes, hommage appuyé au cinéma asiatique, à une époque où seul le nom de Bruce Lee évoquait quelque chose au public occidental (encore bien loin de faire un triomphe au Tigre et dragon d'Ang Lee). Une comédie désopilante mettant en scène l'anti-héros le plus incroyable de l'histoire. Un mélange de Gaston Lagaffe et de pied nicklé irrésistible : Jack Burton. Alors que la mode est à l'exaltation du héros brave, courageux, adroit, intelligent et serviable (Indiana Jones, quoi !), Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin nous offre son exact contraire. Un héros qui enchaîne les gaffes, qui ne pense qu'à lui, qui laisse les autres se battre, à l'image de la baston finale où Jack Burton n'intervient quasiment pas, empêtré avec un garde bien encombrant. Pour ceux qui ont vu le film au moins une fois dans leur vie, Kurt Russell restera à jamais l'interprète inoubliable de Jack Burton. Sa nonchalance, sa gueule, ses mimiques, ses répliques monumentales (d'une évidence consternante) font mouche et provoquent l'hilarité générale et les fous rires les plus incontrôlables.

Avec un tel premier rôle dans un film orienté avant tout sur l'action et les effets spéciaux, on a bien du mal à croire qu'un studio comme la Fox ait pu accepter de s'engager à le produire. Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin marque la victoire d'un cinéaste sur l'establishment hollywoodien (même si Carpenter a dû quand même faire quelques compromis), une sorte de vol unique du contrôle d'un film. À croire que jamais les exécutifs de la Fox n'ont daigné jeter un œoeil attentif sur le script. Alors qu'ils pensaient produire le nouveau film d'action qui allait casser la baraque, faire naître une franchise dans la veine des Indiana Jones, ils laissaient en fait Carpenter signer l'un des films les plus jouissifs et jubilatoires de l'histoire du cinéma. Une « kung-fu comédie » à la sauce occidentale mâtinée d'un amour immodéré pour le fantastique, les monstres et autres ambiances surnaturelles.

En 1986, Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin déboulait sur les écrans pour se prendre un bide retentissant, éloignant le cinéaste de l'univers des studios durant près de dix ans. Depuis, le film n'a cessé de gagner des spectateurs conquis devant ce melting-pot génial, ce premier lien véritable et mémorable entre le cinéma asiatique et américain. On ne dira jamais assez merci aux patrons de la Fox de ne pas avoir su lire. Se faisant, ils ont permis la naissance d'un film culte, un film euphorisant qui offre au public l'occasion de prendre son pied comme jamais.
JackBurton
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