Voir le film

L'une des principales sources de déception pour un spectateur réside dans le choix de la mise en scène. Le film est souvent présenté comme un huis clos oppressant, se déroulant presque intégralement dans un habitacle de voiture.

Bien que l'idée puisse susciter l'intérêt initialement, sa mise en œuvre à l'écran tend à être monotone et statique.

Plutôt que d'exploiter cette contrainte spatiale pour intensifier une tension psychologique constante, Mario Bava s'engage dans un récit routier long et sinueux, où peu d'événements marquants se produisent.

Les scènes s'enchaînent sans que la dynamique entre les personnages n'évolue de manière significative.

Les personnages des trois braqueurs, excessivement stéréotypés, se livrent à des échanges de menaces et de dialogues d'une banalité déconcertante.

La violence, initialement percutante, se transforme rapidement en un simple bruit de fond, n'apportant aucune valeur ajoutée à l'intrigue. Le film s'enlise dans une lenteur excessive, transformant une poursuite palpitante en une promenade en voiture d'un ennui profond.

L'absence de conscience d'une menace policière imminente, ainsi que la perception du "temps réel", initialement conçue pour susciter l'angoisse, se muent en une simple succession de minutes qui s'étirent.

Riccardo, le conducteur, est le seul personnage avec un semblant de mystère. Son calme et sa sérénité face à une situation de vie ou de mort sont censés le rendre ambigu, mais cette ambiguïté est si forcée qu'elle en devient suspecte dès le début.

Pour un spectateur attentif, la révélation de sa véritable identité et de ses motivations n'est pas une surprise, mais une confirmation d'un fait déjà deviné.

Le fameux "coup de théâtre" final, souvent salué comme un coup de génie, peut donc être vu comme une pirouette scénaristique qui ne parvient pas à sauver la faiblesse de l'écriture des personnages.

En fin de compte, le personnage de Riccardo est plus un mécanisme de l'intrigue qu'un être humain complexe.

Dans l'ensemble, le traitement des personnages peut être perçu comme un échec, car il sacrifie la profondeur et l'émotion au profit d'une approche minimaliste qui laisse les spectateurs indifférents.

DirtyVal
3
Écrit par

Créée

le 6 sept. 2025

Critique lue 67 fois

DirtyVal

Écrit par

Critique lue 67 fois

5

D'autres avis sur Les Chiens enragés

Les Chiens enragés

Les Chiens enragés

8

oso

910 critiques

Le guide du parfait gentleman

Il faut attendre la moitié du film pour que la touche Mario Bava se fasse ressentir. Bien malin celui qui pourra associer Chiens enragés à son metteur en scène pendant la première demi-heure tant...

le 27 sept. 2015

Les Chiens enragés

Les Chiens enragés

7

AMCHI

6405 critiques

Outrancier mais prenant

Différents des autres films de Mario Bava Cani arrabbiati (connu aussi sous le nom de Rabid dogs ou encore Chiens Enragés en français) commence comme ces polars italiens des années 70 avec fusillades...

le 16 juin 2013

Les Chiens enragés

Les Chiens enragés

6

Heurt

2751 critiques

En route mauvaise troupe

Un braquage qui tourne mal et voilà trois hommes en fuite à travers l’Italie. Tout le film de Bava se passe en voiture, c'est asser long il faut bien le reconnaitre. Tenir ce temps dans ce lieu n'est...

le 16 oct. 2020

Du même critique

Stranger Things

Stranger Things

6

DirtyVal

1150 critiques

De l'âge d'or au naufrage, la fin d'un mythe sans courage.

J'attribue finalement un 6/10. Cette note reflète l'excellence de ses débuts, que j'ai adorés, et la difficulté qu'elle a eue à maintenir cette qualité au fil des années. C'est une série culte, mais...

le 1 janv. 2026

A House of Dynamite

A House of Dynamite

1

DirtyVal

1150 critiques

Un Gâchis Dégoupillé : Le thriller sans fin qui tourne en rond et nous prend pour des idiots.

A House of Dynamite, malgré les attentes placées dans sa réalisatrice Kathryn Bigelow, est un échec retentissant. Sous l'emballage d'un thriller urgent sur la crise nucléaire, ce film est une œuvre...

le 26 oct. 2025

Hurlevent

Hurlevent

3

DirtyVal

1150 critiques

Une lande de papier glacé où la peur s'est éteinte !

​Il y a des œuvres dont la rugosité constitue l'ADN même. En s’attaquant au chef-d’œuvre d'Emily Brontë, Emerald Fennell promettait une relecture audacieuse. Pourtant, le constat est sans appel :...

le 13 févr. 2026