L'une des principales sources de déception pour un spectateur réside dans le choix de la mise en scène. Le film est souvent présenté comme un huis clos oppressant, se déroulant presque intégralement dans un habitacle de voiture.
Bien que l'idée puisse susciter l'intérêt initialement, sa mise en œuvre à l'écran tend à être monotone et statique.
Plutôt que d'exploiter cette contrainte spatiale pour intensifier une tension psychologique constante, Mario Bava s'engage dans un récit routier long et sinueux, où peu d'événements marquants se produisent.
Les scènes s'enchaînent sans que la dynamique entre les personnages n'évolue de manière significative.
Les personnages des trois braqueurs, excessivement stéréotypés, se livrent à des échanges de menaces et de dialogues d'une banalité déconcertante.
La violence, initialement percutante, se transforme rapidement en un simple bruit de fond, n'apportant aucune valeur ajoutée à l'intrigue. Le film s'enlise dans une lenteur excessive, transformant une poursuite palpitante en une promenade en voiture d'un ennui profond.
L'absence de conscience d'une menace policière imminente, ainsi que la perception du "temps réel", initialement conçue pour susciter l'angoisse, se muent en une simple succession de minutes qui s'étirent.
Riccardo, le conducteur, est le seul personnage avec un semblant de mystère. Son calme et sa sérénité face à une situation de vie ou de mort sont censés le rendre ambigu, mais cette ambiguïté est si forcée qu'elle en devient suspecte dès le début.
Pour un spectateur attentif, la révélation de sa véritable identité et de ses motivations n'est pas une surprise, mais une confirmation d'un fait déjà deviné.
Le fameux "coup de théâtre" final, souvent salué comme un coup de génie, peut donc être vu comme une pirouette scénaristique qui ne parvient pas à sauver la faiblesse de l'écriture des personnages.
En fin de compte, le personnage de Riccardo est plus un mécanisme de l'intrigue qu'un être humain complexe.
Dans l'ensemble, le traitement des personnages peut être perçu comme un échec, car il sacrifie la profondeur et l'émotion au profit d'une approche minimaliste qui laisse les spectateurs indifférents.