Mocky est vraiment très bon quand il traite par la farce et la satire les thèmes sociétaux , sans tomber dans la politique manichéenne , comme il le fera dans les années 70, ce qui le piègera un peu.
Ici l’idée est originale, Claude Rich se découvre des talents de faussaire et veut s’en servir pour ébranler l’ordre établi. Lui-même étant mal marié, il décide de modifier les registres d’état civil, et d’enregistrer de « vrais-faux » divorces. C’est le début d’une vague de falsification généralisée, irrévérencieuse, qui lui permettent soit d’avoir plusieurs femmes, soit de vivre le libre amour, soir de reconnaitre des enfants illégitimes. Il crée une confrérie des « compagnons de la marguerite » qui veulent se défaire des carcans de la société , et prospectent de nouveaux clients . Mocky s’en donne à cœur joie. Les acteurs sont excellents : Claude Rich tient là un de ses meilleurs rôles en idéaliste pacifiste mais révolutionnaire convaincu .
Michel Serrault, policier benêt et soumis à sa femme reine du S.M., fait cuire des pigeons de ville au barbecue au commissariat, délirant, et enfin Francis Blanche énorme en chef de la police qui se travestit en jeune mariée pour espionner le faussaire , un sommet ! Haro sur le mariage bourgeois et le conformisme.
Aucun temps mort, une enquête à rebondissement , pour un traité libertaire , complétement Mocky.