Le film est scindé en deux parties, qualitativement inégales.
La première, contant l'histoire de Siegfried, est bonne, sans être un chef-d'œuvre.
Il est aisé de comprendre ce qui lie Siegfried à Achille : plus grand guerrier de son temps, invulnérable en tout point sauf un.
La seconde, La vengeance de Kriemhild, est nettement meilleure.
Kriemhild fait toujours penser à Achille – moins trivialement, peut-être – mais en un autre aspect : elle a la même colère que lui. À la mort de Patrocle, le Péléide se mue en l'incarnation de la haine ; il massacrera quiconque sera sur son chemin vers Hector, ne pensant qu'à une chose : venger son ami. L'histoire de Kriemhild est similaire : c'est celle d'une femme suintant la haine par amour « Je n'ai jamais autant aimé qu'actuellement » dit-elle (en substance, de mémoire) dans un des intertitres finaux, prête à réduire le Monde à feu et à sang s'il est sur le chemin de sa vengeance.
Outre le mythe et les passions, le film arrive aussi à briller par ses visuels. Les deux parties ont droit à de beaux plans, costumes et décors. Les plans sur Kriemhild, à la fin de l'œuvre le sont particulièrement, notamment aidés par son superbe costume.