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1994, le futur d'avant
Ce film se déroule en 1994 mais a été réalisé en 1983 donc un futur proche à l'époque du film. Des Atalantes reviennent sur Terre et un groupe hétéroclite va les affronter dans cette série B...
le 24 avr. 2023
On continue notre exploration de la gamme Atomic Future de chez Pulse Video composée de post-apo fauchés italiens qui ont vu le jour suite au succès de Mad Max 2 et autres New York 1997. On va s’intéresser aujourd’hui à Les Prédateurs du Futur, basée sur la redécouverte de la mythique Atlantide comme l’indique son titre original italien, I predatori di Atlantide. Autant vous dire tout de suite qu’en plus de surfer sur cette mode des films post-apo, ça va également jouer la carte du rip off de Les Aventuriers de l’Arche Perdue de Steven Spielberg et de pas mal d’autres car, quitte à pomper un film culte, autant pomper sur plein en même temps, ça rapportera bien plus d’argent. Du moins, c’est ce qu’a dû se dire Ruggero Deodato qui, après avoir fait scandale avec son célèbre Cannibal Holocaust (1980) et avoir pillé La Dernière Maison sur la Gauche (1972) de Wes Craven avec son La Maison au Fond du Parc (1983), s’est dit que lui aussi il avait droit à une part du gâteau post apo lowcost même si, clairement, son film est peut-être celui qui s’inscrit le moins dans cette veine.
Deodatto semble clairement conscient de ce qu’il est en train de tourner et, à l’instar de Les Barbarians qu’il réalisé quelques années plus tard, on sent bien qu’il ne prend pas ce joyeux bordel au sérieux. Déjà, rien que le scénario, c’est du grand n’importe quoi, avec cette ile qui serait remontée à la surface à cause d’un sous-marin russe et qui est en fait l’Atlantide, peuplée d’un gang de punk rock maléfique qui veut dominer le monde et que des vétérans du Vietnam vont devoir combattre, … Et tout un tas d’autres scènes qui n’ont ni queue ni tête. Il suffit de voir la dernière scène dans laquelle le personnage féminin apparait comme par magie dans l’hélicoptère alors que, quelques instants auparavant, elle était capturée, pour s’en rendre compte. Même les personnages sont étonnés de la chose. Les différentes scènes semblent avoir été assemblées à la hâte, sans aucune logique. C’est décousu, le scénario a l’air d’avoir été improvisé au jour le jour, mais Deodato cherche le plus possible à amuser et divertir le spectateur avec un spectacle très généreux, rythmé, avec un maximum de scènes d’action copiées d’autres films mais plutôt bien emballées, des situations rocambolesques et du mitraillage à tout va. Ça canarde, ça explose, ça taillade, il y a mine de rien quelques belles cascades (toute la partie avec le mini-bus), et les amoureux de cinéma bis seront clairement aux anges. Le film se permet même quelques débordement gores avec coups de machettes, décapitation et autres joyeusetés, mais il reste malgré tout assez léger à ce niveau-là comparés à d’autres post-apo sortis à la même époque. Ici, on s’inspire donc de Mad Max 2 et New York 1997, mais aussi de Assaut, de Rambo ou encore des Guerriers de la Nuit, bref, de tous les films qui avaient un minimum fonctionné au box-office les années précédentes et qu’il était possible d’injecter dans ce Les Prédateurs du Futur.
Je disais que ma chronique de Les Exterminateurs de l’An 3000 de Giuliano Carnimeo que le film était très intéressant au niveau de son ambiance, avec par exemple des costumes soignés qui ne partait pas dans le n’importe quoi comme on le voyait dans des films tels que Les Nouveaux Barbares. Eh bien dans Les Prédateurs du Futur, c’est l’inverse et Ruggero Deodato y va à fond dans le grand n’importe quoi complètement barré. Visages peinturés de moult couleurs, tenues les moins assorties possibles, du cuir clouté, des bandanas, des cache-œil, des coupes de cheveux parfois colorées toutes plus improbables les unes que les autres. Et Pour les véhicules, c’est la même chose, tout dans la démesure et le bon gros n’importe quoi avec des motos à cornes géantes, des chopper démesurés sur lesquels ont été installés des mitrailleuses lourdes et même des mortiers, une voiture cubaine des années 50 bardée de rajouts plus ou moins (surtout moins) discrets en aluminium, … C’est un florilège où exubérance rime avec créativité qui ravira et donnera un grand sourire aux amateurs du post-apo lowcost. On rigole devant l’absurdité de certaines scènes, on rigole devant le look de l’ensemble, on rigole devant les effets spéciaux à base de miniatures toutes moches, on rigole devant ces personnages machos qui se baladent avec des grosses pétoires en balançant des répliques badass, on rigole devant le pied de nez que Deodato fait aux règles conventionnelles du cinéma… Ajoutez à cela une belle broche d’acteurs de séries B de l’époque, comme Christopher Connelly, Tony King, George Hilton, Bruce Baron ou encore Ivan Rassimov qui semblent tous s’amuser comme des petits fous, eux aussi sans doute conscient de ce qu’ils sont en train de tourner, balancant des répliques absurdes et souvent hilarantes sans jamais trembler des genoux. Oui, ce film est un excellent bis que tous les amateurs de mauvais films sympathiques se doivent d’avoir vu, et si possible en VF car les doublages sont parfois tout simplement magnifiques.
Les Prédateurs du Futur est un film d‘exploitation extrêmement divertissant, un petit bijou de mauvais goût, à condition que vous laissez votre sens de l’intellect à la portée d’entrée et que vous profitiez tout simplement du spectacle généreux.
Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-les-predateurs-du-futur-de-ruggero-deodato-1983/
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Créée
le 29 juin 2025
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