Il est toujours tentant, devant un film mal-aimé voire détesté par une majeure partie de la critique aux États-Unis et en France, de chercher à le réhabiliter tel un pionner lancé dans la conquête d’une terre jugée incultivable et qui, par la convergence de sa détermination, de la vacuité des préjugés et de la chance, envoie valser les conventions. Or, Neighbors suspend rapidement toute entreprise de réhabilitation par sa nullité profonde en matière de comique et par son incapacité à composer des personnages et des situations cohérents. John G. Avildsen réalise, dans la douleur certes, un film dépourvu de rythme et de pertinence quant à la thématique du voisinage et des conflits attenants : la forme du huis clos, belle idée sur le papier, engendre un jeu de massacre statique dans lequel les acteurs grognent, hurlent, se tordent tels des énergumènes que seule peut arrêter la touche stop de la télécommande. La partition burlesque que compose Bill Conti dissone avec les scènes, doublant par la musique et le bruitage cartoon les déplacements, les chutes et coups avec une lourdeur similaire à celle de la mise en scène. Dans ce théâtre de grotesques, rien ne vit jamais et rien ne se dit non plus sur les relations entre voisins, entre mari et épouse, entre homme et femme ; à la place, une pochade navrante qui parviendrait presque à rendre écœurants la sauce tomate et les spaghettis.