Lettres siciliennes raconte l'histoire d'un ancien proviseur lié à la mafia, Catello (Toni Servillo), qui une fois sorti de prison, collabore avec la police pour faire tomber un parrain sicilien, Matteo (Elio Germano), en cavale et qui ne communique que par lettres.
Le problème majeur du film est qu'il hésite trop entre le drame et un ton très léger, ce qui rend le tout peu crédible, et empêche in fine de s'attacher aux personnages comme aux enjeux qui les concernent. C'est particulièrement le cas pour les policiers anti-mafia, très peu réalistes, qui alternent entre amateurisme, accès de colère et taquineries. Le même mal touche les familles de Catello et de Matteo, avec les personnages simplets du gendre de l'indic et de la sœur du mafieux.
Par ailleurs, l'utilisation excessive de flash-back et séquences oniriques mal menées pour traiter de la solitude du parrain m'a déçu.
Sur la trame générale, le scénario reste très faible et peut se résumer en quelques lignes :
Le colonel en charge de l'enquête est en réalité corrompu, et fait échouer le projet. Matteo, ayant appris que son ancien ami l'avait trahi, romp tout lien et fait en sorte de le torturer psychologiquement à distance.
C'est dommage car on sent que les deux acteurs principaux sont bons et que certaines scènes de pure comédie, comme les retrouvailles entre Catello et sa femme Elvira (Betty Pedrazzi), font leur effet.