Voici un superbe spécimen à ajouter à ma liste de films que tout le monde adore, mais que j’ai détesté.
Bien que je parvienne à peu près à discerner ce que Lost in Translation cherche à faire : mettre en scène la solitude et la détresse émotionnelle. À mes yeux, cette mélancolie contemplative vire très vite à un ennui mortel.
Peut-être faut-il être dans un certain état d’esprit morose pour apprécier ce genre de chose...? De mon côté, suivre deux personnages englués dans leur ennui existentiel, incapables de communiquer autrement que par regards vides et demi-sourires blasés, m’a surtout donné l’impression d’assister à une simulation de mort cérébrale. Celle-ci est d’autant plus pénible qu’elle est saupoudrée du traditionnel regard caricatural des États-Unis envers un pays étranger. La romance, quant à elle, est plus malaisante qu'autre chose : non seulement elle manque de crédibilité, mais elle frôle le glauque tant l’écart d’âge entre les deux acteurs est flagrant. Bill Murray pourrait sans peine être le père de Scarlett Johansson, et sa gueule de quinquagénaire en état de perpétuelle constipation n’aide en rien à rendre cette relation touchante ou poétique.
Là où le film prétend explorer une connexion rare et délicate entre deux âmes perdues, je n’ai vu qu’une complaisance dans l’ennui, une tentative de "romance" et un racisme malaisant.
Ayant pourtant beaucoup aimé Virgin Suicides, j’attendais clairement mieux de ce second film.