Si le film de Marc Rocco ne correspond que très peu aux faits relatés (notamment les atrocités endurées par Henry Young), il n’en reste pas moins un jeu d’acteurs fabuleux, avec un Gary Oldman édifiant en directeur vicieux et détraqué, et un Kevin Bacon terriblement convaincant dans le rôle du martyr abandonné à son sort.
Cela dit, l’injustice qui transpire tout au long de cette histoire mouvementée finit par révolter tant elle est désespérante et sans échappée.
Le contraste entre l’opulence de San Francisco et les conditions de survie du détenu ignoré, confronté de surcroît à l’incompréhension d’un avocat entêté et dépourvu de finesse psychologique, à l’étroitesse d’esprit des institutions et de la population états-uniennes, subissant les remontrances d’un jugé borné… autant d’aspects qui contribuent à rendre le récit presque exaspérant.
La quasi-impunité de Milton Glenn, le tortionnaire au fasciés gommeux, qui promène son arrogance du début à la fin du film, le sort de sa victime, le dénouement qui laisse une impression d’inachevé, tout cela laisse au final un arrière-goût de frustration et d’amertume qui a du mal à passer.