Dans le genre film burné, ce Mr. Majestyk possède tous les atouts et s'affirme comme un spectacle haut en couleur et totalement dédié à l'éclate.
Charles Bronson en agriculteur franc de la gâchette est parfait pour se rôle. D'ailleurs à l'époque où ce film est réalisé, en 1974, il n'a quasiment pas d'égal pour interpréter les justiciers. Quelques années plus tard il justifiera cette appellation dans toute une série de vigilante movies sous la caméra de Michael Winner ou Jack Lee Thompson.
Cette fois ci c'est sous la caméra du vétéran Richard Fleischer, qui compte déjà à son actif une sacrée filmographie, allant du film de SF : Soleil Vert, Le Voyage Fantastique, au western : les excellents Duel Dans La Boue et Du Sang Dans La Poussière et quelques films-noir ou thriller de très haut niveau, Les Flics Ne Dorment Pas La Nuit, L’étrangleur De Boston... un réalisateur touche à tout de génie.
Adapté d'un roman d''Elmore Leonard, romancier virtuose spécialisé dans le polar et le western, Mr. Majestyk sonne comme un avertissement aux truands et autres malfrats, faut pas faire chier l'homme à la moustache!
Filmé de manière souvent désinvolte, le réalisme n'est pas toujours au rendez-vous, ce film qui peut parfois prêter à sourire, tellement les ficelles sont grosses et le jeu des interprètes très outranciers, s'en sort finalement très bien si l'on veut bien ne pas être trop regardant.
On est dans l'univers d'Elmore Leonard avec ces personnages pas toujours très droit dans le sens marche du terme, des desperados souvent bons vivants mais francs de la gâchette. Le film est totalement en phase avec cet univers croquignolesque qui dépeint une Amérique rurale qui aime la bière, les femmes et les colts.
Même si les excès divers font parfois tâche dans la tenue de l’œuvre, et les interprètes surjouent de manière permanente, on ne tombe jamais dans le pathos et le ridicule, même si on le frôle souvent. Il y a certains aspects qui font penser au cinéma de Sam Peckinpah. Des gueules, une violence sèche et très visuelle, avec des gunfights avec impacts de balles et ralentis et une sorte de liberté de ton qui permet à l’œuvre de trouver son juste équilibre sans faire trop tâche.
Une série B burnée avec un Charles Bronson taillé pour ce genre de rôle.