Tout fan de l'incroyable série "Mindhunter" est resté sur sa faim pour deux raisons. Le fait qu'il n'y ait eu que deux saisons tout d'abord mais aussi la non-résolution de l'intrigue du BTK Killer, tueur présenté à chaque début d'épisode et constituant un véritable fil rouge pour la série. Ce documentaire Netflix n'a certes pas la prétention de se constituer comme une 3ème saison pour la série mais il a au moins le mérite de nous faire comprendre pourquoi BTK constituait un cas particulier qui poussait la série de David Fincher à s'intéresser à lui. Car Dennis Rader alias BTK, plus qu'un cas particulier, est un véritable cas d'école dans l'image du serial killer bien sous tous rapports. Cet homme, arrêté à l'âge de 60 ans après 30 années de recherche, était marié, père de deux enfants, croyant et habitait en périphérie d'une ville moyenne des Etats-Unis. L'américain moyen qui cachait l'un des pires serial killer que l'Amérique ait connu.
"Mon père, le serial killer" donc, documentaire de Skye Borgman, s'intéresse surtout à Kerri Rader, sa fille. En parallèle de ses prises de paroles qui évoquent surtout, au départ tout du moins, une enfance et une adolescence des plus classiques, le documentaire s'attarde sur la longue enquête de police qui aura duré plus de trente ans. Dans cette partie, on y dépeint un être diabolique, s'amusant de communiquer avec la police par lettres postales. La vraie force de cette oeuvre est de mettre en parallèle le père de famille moyen avec ce monstre prenant du plaisir à assouvir ses désirs malsains en torturant ses victimes. La dernière partie voit se rejoindre l'histoire de Kerri et celle des enquêteurs après que BTK ait été arrêté. Kerri se retrouve alors face au monstre mais aussi à cette part diabolique que lui a légué son père.
Si le pathos et le voyeurisme sont parfois au rendez-vous, "Mon père, le serial killer" se place tout de même dans le haut du panier des productions Netflix de ce type. La traque menée par la police est assez haletante à suivre et la banalité des évènements racontées par la fille du tueur fait froid dans le dos. Mais ce qui reste le plus effroyable est cette dernière demi-heure où ce grand bonhomme moustachu et placide est confronté à ces actes. La mise en scène use d'images sensationnelles mais de manière assez fugaces pour imprimer la rétine du spectateur en gardant cet aspect irréel si on les rapproche du profil du tueur (les photos de BTK se mettant en scène sont pour le coup véritablement atroces et marquantes).
Pas l'un des documentaires les plus originaux de la plate-forme mais une étude plutôt terrifiante sur le mal qui peut se cacher au sein de votre quartier voir même parmi vos proches. A défaut d'une troisième saison de "Mindhunter", on pourra toujours se dire que le BTK aura été étudié dans ses traits de personnalité les plus sombres. Et par sa fille de surcroît.