On a tous imaginé des parodies telles Pine au chaud (film gay), Blanche-Fesse et les 7 mains, Robin des doigts, ou Elle voit des nains partout .... Ah, non, au temps pour moi, ça, c'est Coluche.
On aura tout vu, c'est tout vu: on invente Le Miroir de l'âme, un film d'un romantisme fou - ou mièvre, c'est selon - et on le place entre les mains d'un producteur subversif, qui n'a d'intérêt que pour les intérêts financiers et les paires de fesses, de seins. Et Molière (qui, apparemment, en a vu d'autres) !
On obtient La Vaginale, le même film avec plus d'action et moins de dialogues !
On aura tout vu, c'est Georges Lautner qui s'attaque au boum du film pornographique des seventies mais avec la candeur, par moments, de Francis Weber, le sage réalisateur de la plupart des François Pignon et François Perrin qui se veut son disciple.
On a donc de grandes scènes, de grands moments comiques et un audacieux réquisitoire ponctué d'un humour bon enfant: cela tranche et le buffet chaud vire parfois au buffet froid.
On y voit un Pierre Richard moins caricatural que d'ordinaire, une Miou-Miou qui porte en elle toute l'accusation du film, un Jean-Pierre Marielle au sommet de sa forme en producteur véreux et libidineux, Gérard Jugnot en faux-cul magnifique (car oui, il y a des vrais et des faux-culs dans ce film) venu avec ses copains du Splendid dans des rôles plus anecdotiques, un caméo jouissif de Francis Lax ("S'il vous l'dit !"), une Renée St-Cyr au flegme plus jouissif que jamais, une Sabine Azéma méconnaissable, aux anti-pôles de ses rôles ordinaires en jeune fille maladivement timide et d'excellents seconds rôles ("A genoux, SALOPE !").
On aura tout vu car on aura vu une scène générique trop proche des classiques de Pierre Richard "la Gaffe", une comédie désopilante et un film aux tons plus froids et accusateurs. C'est à dire un film qui ne sait pas toujours ce qu'il veut et qui oscille sans arrêts entre deux films géniaux mais dans un seul film. Un 2 en 1, quoi.
On peut surtout reprocher cette fin cynique, en demi-teinte qui n'ose pas renverser la crêpe en fin de film.
Perrin, contraint de réaliser un film pour Morlock, s'enfuit avec Christine et finit dans une piscine pour mimer, à travers les vitres de sa voiture les écrans de films romantiques. C'est métaphorique, c'est beau, certes. Mais ça ne sauve pas la morale d'un film X "un peu raide" qu'accepte de financer Mme Ferroni pour booster ses ventes de pâtes ...
On aurait goûter le plaisir de voir Morlock contraint à son tour de tourner Le Miroir de l'âme et se rendre compte d'un succès inopiné.
On aura tout vu mais tout entendu aussi. Certaines répliques font hurler de rire ou laisse grincer un cynisme marqué.
Citons-en deux pour achever cette critique. Deux répliques que nous colleront l'une à l'autre, comme le feraient des créateurs de bandes-annonces, pour faire voir le meilleur du film et toute sa complexité.
- Bob Morlock présente LA VAGINALE, un film de François Perrin ! Oui, oui ! Oui, on a envie de voir, c'est sûr !
- J'croyais qu'c'était un porno qu'tu tournais. Pas un vaudeville !