La trentaine bien entamée, Arnaud, dit Cui-Cui (Benjamin Biolay, plus vrai que nature), est du genre à cracher dans ses mains pour se lisser les cheveux et à boire du gin au goulot, tout en traînant comme un boulet l'insondable ennui que semble constituer sa vie. La perspective de se marier dans quatre jours le rend encore plus neurasthénique, lui qui n'est visiblement pas habitué à prendre la moindre décision. Et l'empressement que mettent ses copains, sa soeur stressée à bloc et sa mère hystérique (Emmanuelle Devos et Nicole Garcia, excellentes) à vouloir l'aider ont le don de le déprimer plus encore. Comme de plus sa future épouse a mis les voiles sans prévenir, il en profite pour se glisser dans le lit d'une nouvelle conquête à qui il peut confier ses désarrois existentiels...
Pour son premier film en tant que réalisatrice, Katia Lewkowicz tente de renouveler façon «post Nouvelle vague» (image verdâtre, montage chaotique et dialogues à peine compréhensibles), le genre ressassé du film de mariage. Elle y parvient en partie grâce à une brochette d'épatants interprètes qui s'agitent en tous sens autour du lymphatique chanteur-comédien à qui on filerait bien quelques baffes comme le fait Nicole Garcia dans une délicieuse scène croquée sur le vif. Dommage que la cinéaste n'exploite pas mieux l'idée de la future belle-famille juive dont la plupart des membres ne parlent pas le français. Et qu'elle s'attarde avec trop de complaisance sur les errements pré-matrimoniaux de son héros glandeur nature.
Critique écrite à la sortie du film.