Pa Paandi est le premier film réalisé par Dhanush et il s’agit d’une comédie douce amère consacrée aux liens filiaux qui soudent les familles, aux premiers amours qu’on n’oubliera jamais et aux bons vieux bourres pifs que les justes balancent dans la figure des importuns pour leur apprendre la vie et restaurer la balance cosmique. Power Paandi est donc un vieux maître cascadeur en retraite, il mène une vie paisible jusqu’au jour où il se brouille avec son fiston chez qui il vit et qu’il décide de s’en aller sur sa moto retrouver son premier amour. La première partie du film est clairement empotée, sympathique mais très limitée par une mise en scène rudimentaire et un personnage principal un peu raide, accusant son âge, et guère crédible dans les scènes d’action que Dhanush se plait à lui offrir. Mais si le chemin est parfois laborieux, la bienveillance de toute cette affaire permet au spectateur conciliant de se laisser porter sans trop de peine le long des placides circonvolutions d’un scénario clairement pouf pouf. Avec une tendresse évidente, Dhanush s’applique à rendre hommage aux cascadeurs du cinéma et à son idole Bruce Lee et cherche à être sympa avec tout le monde. Lorsqu’en prenant la route, le film décolle enfin, il s’offre une rupture radicale et nous plonge dans un long flash back afin de nous raconter le coup de foudre entre Paandi, tout jeune, et la jolie Poonthendral. À ce moment, Pa Paandi monte en régime, bénéficiant d’une mise en scène plus inspirée et surtout du charisme atomique que dégage le jeune couple interprété par Dhanush et Madonna Sebastian (Elisa Das dans Léo !). L’alchimie qui bouillonne entre les deux est aussi délicieuse qu’irrésistible. Revenu à notre époque, le vieux Paandi retrouve la vieille Poonthendral et le charme se prolonge, permettant d’achever ce premier film avec une certaine mansuétude. Imparfait et bon, sans grand intérêt, Pa Paandi manque clairement de substance et n’exploite pas assez ses idées (le monde de la cascade) et reste finalement très très timoré dans le développement de son histoire. Dhanush mettra sept ans à revenir à la réalisation, ça sera avec le nettement plus abouti Raayan, une autre moulinette.