Durant l'hiver 1905, un paysan misérable tente de survivre avec son épouse et ses 4 enfants. A l'approche d'élections en Finlande, il s'enflamme pour le socialisme. Étonnante et vivifiante découverte que celle de Matti Kassila, cinéaste finlandais très populaire dans son pays dans les années 1950/1960 et qui est mort, très âgé, fin 2018. La ligne rouge est un film singulier, empreint de réalisme, de poésie fruste et d'onirisme, qui dépeint une famille de paysans, isolée dans un coin de Finlande, se débattant dans une pauvreté extrême. C'est à la fois un drame, une comédie avec des accents picaresques et une œuvre politique avec l'irruption des idées socialistes dans une contrée désolée (la Finlande appartient alors à la Russie tsariste avec un certain degré d'autonomie). Damnés de la terre, les protagonistes de La ligne rouge caressent un temps l'illusion d'une vie décente, avant d'être rattrapés par une succession de drames. Le film est admirablement filmé, tant la nature enneigée que la vie du foyer ou les réunions électorales.