Même si la démesure, entre autre, est une composante de l'ADN du cinoche indien et fait qu'en partie c'est ce qui nous amène à l'explorer, ce Salaar ressemble plus à une espèce de bande annonce géante faussement complexe (une protagoniste est même paumée à la fin en disant « wait wait wait » ah ah) qu'à un réel récit épique.
Le nombre de personnages est ahurissant sachant qu'on ne suivra pas les trois-quarts, à quoi cela sert-il de les présenter et les iconiser au max pour au final ne jamais les développer ? On essaie de tous les retenir mais une bonne partie n'auront plus le droit qu'à quelques plans au mieux. On est plus devant des morceaux assemblés qui veulent raconter trop de choses qu'un ensemble cohérent. Dans l'idée c'est les 8 saisons de Game of Thrones ratatinées en même pas trois heures de métrage.
La musique suit l'excès de son film en essayant de faire passer chaque scène comme un summum d'intensité, que ce soit une grosse séquence de claques dans la tronche / massacre ou une simple discussion autour d'obscurs et vaseux enjeux.
Les combats sont très pauvres en terme de chorégraphie contrairement par exemple à Jigarthanda Double X et son braconnier. Même sur ce point c'est décevant.
Il n'y a pas d'émotion fasse au spectacle, je pense notamment au background des femmes enlevées expliqué après un enlèvement plutôt qu'avant, technique pour créer un pic d'empathie à postériori, sauf qu'on assiste en amont aux scènes en tant que spectateur non impliqué.
Malgré tout ces griefs le twist final de ce premier opus nommé "Cessez le feu" (ça va donner quoi la suite !!?) donne envie de voir le second, si possible en salle cette fois-ci, ils sont forts ces indiens.
P.S : voir la critique de TORKAN pour avoir du contexte autour du film en plus de son avis.