Pierre De Moro réalise en 1982 Savannah Smiles, une comédie américaine où l’originalité affleure dans son innocence et sa tendresse précieuse. Le film suit Savannah, une fillette de six ans en manque d’affection, issue d’une famille aisée, qui fugue et se retrouve accidentellement enlevée par deux petits délinquants en cavale. Leur relation évolue, mêlant amitié et tendresse, jusqu’à bouleverser leur vision de la vie.
Si les deux bandits sont l’archétype du binôme comique masculin (un enrobé tête en l’air et un grand fin bougon), c’est avant tout le rôle de Savannah qui rayonne dans le trio. La petite actrice (Bridgette Andersen) convoie, par son air innocent et sa gaieté inhérente, une dose d’émotion assez particulière. Au son des musiques country et à travers les bourgades de l’Utah, ce mi-road trip, mi-course-poursuite nous captive et nous attache au destin de ce groupe d’âmes abandonnées. À la fin du voyage, la séparation inévitable des trois personnages n’a rien de désolant. Chacun, le temps d’une semaine, a trouvé une place dans le cœur de l’autre, ressortant réciproquement leurs attraits les plus humains, et nous en sommes les témoins chanceux.
Le choix du titre de cette critique réfère évidemment au métrage au scénario quasi similaire, réalisé par Clint Eastwood une dizaine d’années plus tard : Un monde parfait. L’intérêt n’est pas de crier au plagiat envers mon cher Clint, mais d’affirmer, non sans mal, que les qualités de l’un sont en réalité les qualités de l’autre.