Danse explosive !
Sur le plan de la mise en scène — visuelle et sonore —, c'est difficile de ne pas s'incliner devant autant de virtuosité esthétique. Il suffit de voir les séquences d'introduction lors de la...
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le 11 sept. 2025
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Sirat est défini au début du film comme « le pont qui mène au paradis ». La voix-off nous indique que le pont est fin comme un cheveu et coupant comme une lame. Comprenez qu'il suffit d'un rien pour que le pont se casse. Bon, le film ne sera pas léger, on le sait d'emblée.
On y trouve donc beaucoup d'intensité. Peut-être même trop pour mon âme sensible. On retrouve les éléments habituels du film de désert : la course de voitures, le coup de la panne (queen of the desert), le retour en train (comme dans le patient anglais), la marche pour sauver sa peau avec une demi gourde. Mais Sirat sort aussi des poncifs et vous laisse avec une foule de questions. Ce qui est plutôt bon signe, je trouve.
Première partie
Je me suis laissée emmener ds ce road-movie. J'ai bien aimé les personnages punk avec leurs tatouages, leur vécu, et pas bavards. On n'apprendra peu de choses de ces gens. Leur corps parle pour eux me risqué-je à dire (la mémorable scène du moignon chantant). Je retiendrai une fraternité qui est belle à voir. Je les ai trouvés bien filmés avec beaucoup de peau, de sueur et de mouvement. Cela dit, il me semble pas du tout réaliste de se balader torse nu en plein cagnard vu que nous sommes au Sahara. Incohérence ? Je ne pense pas. Il doit y avoir un parti prix esthétique : dénuder les corps et surtout ceux des hommes, au mépris du réalisme.
Deuxième partie
A la moitié du film tout bascule soudain. Le film vire au cauchemar. On se trouvé plongé quelque part entre le film de guerre et le slasher movie, tant les personnages ont tendance à mourir. Le spectateur est mis à rude épreuve. Physiquement le combo musique lancinante, soleil de plomb, détonnations, mort imminente : ça mine ! Bref, à mesure que tout le monde meurt, je me demande si je ne vais pas quitter la salle de cinéma. Puis je me rappelle que le film a eu la palme d'or (qui doit forcément choquer le bourgeois). J'ai donc attendu la fin comme une délivrance.
A y repenser.
Ce film me m'évoque les tragédie grecques. C'est en voulant trouver sa fille qu'il perd beaucoup. C'est en croyant protéger son fils qu'il le met en danger. Pour moi, le destin de ce père ressemble à une damnation ou une punition. Mais les raisons de cette punition divine reste indéfinie. J'ai également pensé à une sorte de parabole, récit biblique, où le père est mis à l'épreuve pour avoir mal agi. Pour ne pas avoir recherché sa fille plus tôt ? Ou au contraire pour ne pas attendre tranquillement que sa fille revienne d'elle même ? On ne peut qu'émettre des suppositions.
Au total, le film m'a intéressée en grande partie. Au niveau de l'expérience cinématographique, je dois dire que c'est assez intense : le bourgeois en prend pour son grade. Mais dans le fond, le film laisse une impression de flou, et de possibilités multiples. C'est la marque soit 1) des génies incompris par un public décidément pas assez attentif, 2) soit des cinéastes qui trouvent cool de ne pas se prononcer afin d'alimenter les discussions sur la croisette.
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Créée
le 3 nov. 2025
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