"Cette oeuvre a été créée pour être vue dans l'obscurité complète", lit-on en ouverture du film. J'ajouterais : "et dans le silence complet". Si vous respectez ces deux conditions, vous vivrez - peut-être - une expérience très forte.
Je crois que je n'avais jamais vu un film de ce genre, en tout cas de cette durée. Je n'avais donc aucun a priori. Mais l'avertissement ne pouvait que me plaire, car j'aime particulièrement les films immersifs qui interdisent toute activité parasite.
C'est le genre d'expérience dont on dit "ça passe ou ça casse". Vous tiendrez 5 minutes, vous vous endormirez ou vous irez jusqu'au bout (1h30) sans vous endormir et sans regarder votre montre.
Scott Barley nous emmène dans un long voyage nocturne inquiétant, au sein d'un paysage menaçant sculpté par les silhouettes noires des sapins et des montagnes, la brume grise qui flotte entre les arbres, le ruban blanc du torrent. On contemple le ciel étoilé au-dessus du quadrillage des branches. On accompagne au plus près (!) la marche calme d'un cheval sauvage. Et on assiste au spectacle fascinant d'un orage déchaîné, comme une terrifiante apothéose.
Encore plus que les images parfois très obscures et énigmatiques, c'est l'univers sonore très riche qui rend l'expérience marquante. Le pas régulier du cheval, le grondement du torrent, le tonnerre, la pluie, le vent permettent au film de prendre réellement vie et de nous faire sentir les choses.
Si vous voulez voir "autre chose", c'est un film vraiment différent qui pourrait vous plaire ou même vous hypnotiser.