Spermageddon ressemble à un projet né d'une soirée alcoolisée. "Viens, on fait un film animé sur des ados qui font leur première fois, mais façon Vice Versa et on raconte l'histoire des spermatozoïdes qui courent vers l'ovule!". "OK!".
Ainsi, un réalisateur de films d'horreur plus ou moins comiques et un réalisateur de films animés plus ou moins jeune public, se retrouvent sur ce projet.
Sans doute trop enfantin pour les adultes, et trop adulte pour les enfants, ce film, interdit aux -16 ans, ne trouve pas son public. Entre jeux de mots amusants autour du sexe (il y en a un "paquet"... oui, c'est ce genre de jeu de mot), humour scatologique et blagues beaufs et vulgaires, Spermageddon n'adopte pas un ton suffisamment prononcé. S'il se voulait pédagogique, un genre de cours d'éducation sexuelle, il serait très limité de ce point de vue aussi : ça serait un cour d'éducation sexuelle sans la partie biologique, ce qui est source d'approximations et d'aberrations. S'il se voulait pur divertissement, alors il n'assume pas suffisamment son côté régressif, tantôt trop sage tantôt trop trash, et bien qu'on mette son cerveau de côté, comme lors du coït selon le film qui dessine un cerveau dépassé, on ne peut que hausser les sourcils devant certaines scènes : apparemment, l'avortement est une fête.
Les scénaristes devaient en effet être bourrés quand ils ont écrit ce scénario qui se voudrait volontiers woke (pro avortement, rappelant l'importance du consentement et en faveur du sexe de pur plaisir) mais il en oublie les préliminaires et la possibilité de ne pas vouloir. La comédie aurait pu être jouissive, mais elle pâtit de trop d'hésitations pour séduire totalement. Ponctuée de chansons rappelant les productions Disney, avec des paroles souvent aussi niaises que celles des films américains, cette production européenne est un pur nanar, qui gagnerait à s'assumer comme tel qu'à se prétendre éducative. On rit sans doute, mais ça pourrait être plus grassement, car notre cerveau, à nous, ne s'arrête pas devant le film. Faut-il alors la regarder en étant bourré ? (mais attention, boire ou baiser, il faut choisir...!).