Spy × Family Code: White est un film japonais réalisé par Takashi Katagiri, sorti en 2023. Cette comédie d’espionnage propose une histoire originale issue de l’univers du manga Spy × Family de Tatsuya Endo. Menacé d’être remplacé dans l’Opération Strix, l’agent Loid Forger tente de faire gagner à Anya un concours de cuisine scolaire afin de sécuriser sa mission, entraînant la famille dans un voyage qui dégénère rapidement en une succession d’événements aux enjeux démesurés.
Sur le plan technique, le film affiche une animation de bonne facture, fluide et correctement mise en scène. Le travail graphique est propre, sans failles majeures, avec des scènes d’action lisibles et un rythme visuel soutenu.
Le film souffre avant tout d’un grave problème d’identité et de ton. Il est difficile d’y entrer, en particulier sans être familier de la franchise, non pas à cause d’un récit complexe, mais en raison d’un univers mal amalgamé et d’une ambiance bancale. L’accumulation d’idées(une enfant orpheline adoptée par un faux couple d’agents secrets, capable de lire dans les pensées, accompagnée d’un chien qui voit l’avenir) relève d’une surenchère absurde jamais réellement cohérente. Cette folie contextuelle paraît totalement tirée par les cheveux et risque de rebuter une grande partie du public. Plus problématique encore, le film ne sait jamais à qui il s’adresse : trop enfantin dans son humour et ses situations pour les adultes, mais simultanément trop violent pour un jeune public, avec des meurtres explicites et des effusions de sang. Le ton hybride échoue à trouver un équilibre entre comédie et sérieux, oscillant constamment sans jamais s’assumer pleinement dans un registre clair.
Spy × Family Code: White a rencontré un succès public notable, porté par la popularité de la franchise et par une base de fans déjà acquise à son univers. Ce triomphe commercial ne masque pourtant pas les failles profondes du film, qui échoue à trouver une identité claire et un ton cohérent. Le long métrage s’enlise dans une confusion permanente. Malgré sa vitrine technique soignée, il s’agit d’une œuvre creuse, symptomatique des dérives des adaptations opportunistes, et qui, d’un point de vue critique, ne mérite pas l’attention qu’elle a suscitée.