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Il y a forcément quelque chose de joyeusement enfantin pour un type de ma génération à retrouver ainsi, régulièrement l’univers de Star Wars. Normalement, je vous l’avoue, j’évite d’ailleurs de me refaire systématiquement les trois épisodes rajoutés avant tant il me semble encore qu’ils n’y ont pas leur place.

Mais bon, de temps en temps, pourquoi ne pas se refaire toute la demi-douzaine, pour le plaisir... rien que de replonger dans le texte d’intro qui part au loin sur la musique de John Williams se révèle redoutablement efficace. En fait, je trouve qu’on montrerait une bande de zigs visiter des planètes de Star Wars sans tout le bordel guerrier autour que ce serait tout aussi bien… du space-opéra, un univers qui tient la route, faudrait pas grand chose pour rendre n’importe quoi chouette comme tout en partant de ça…

Ici, forcément, il y a tout le bordel guerrier, politique, même, pourquoi pas d’ailleurs, je trouve même que l’histoire dans ses grands traits de la trilogie rajoutée avant fonctionne assez bien avec celle de la trilogie d’origine d’après.

Dans cet épisode, sur un schéma proche de l’épisode originel, on se balade agréablement de planète en planète, heureux de se poser longuement sur cette bonne vieille Tatooine encore jeune, d’assister aux jeux du cirque romain sous les yeux de Willow Ufgood et les balles des hommes des sables ou encore de découvrir de plus près le fameux sénat de la République d’avant l’Empire…

C'est une vraie balade exotique presque réussie, pour ça, au moins, le père Lucas sait y faire, pas grand chose à redire, ça se termine forcément sur une bataille avec plein de niveaux différents, il y a tout pour faire un grand divertissement comme ils ne savent plus en faire.

Bien sûr, c’est dommage que tout soit devenu un peu trop gigantesque pour être cohérent avec le futur d’il y a seize ans auparavant, c’est surtout dommage d’avoir si souvent l’impression de sortir d’un film pour rentrer sans un dessin animé mâtiné de jeu vidéo, mais bon, grosso modo, c’est tellement moins pénible que ce qu’on voit d’ordinaire que l’on pardonne beaucoup, et puis, il reste toujours de-ci de-là quelques vrais bon vieux décors qui sentent le sable, quelques vraies bestioles ou quelques bon vieux tas de ferraille à la réalité tangible et réconfortante.

Et donc, après un début poussif, on se laisse gentiment prendre par l’histoire, les décors, les costumes, les bestioles, les histoires… Liam Neeson en fait toujours un poil trop (au niveau du menton me semble-t-il) en vieux sage mais il est très bien, Ewan McGregor fait son Obi-Wan en dilettante et n’est pas très bien servi par des dialogues poussifs, mais on lui pardonne aussi, on comprend même pourquoi Natalie Portman à du mal à croire à certaines de ses phrases et à porter des robes, une coiffure et un maquillage grotesques qui ne l’empêchent pas de rester terriblement mignonne. Bon après, de vrais personnages, ils avaient le droit de nous en offrir aussi, tout cela reste terriblement creux.

On se demande pourquoi ils se sont sentis obligés de faire revenir les deux robots en défiant toute logique et surtout leur réception par Sir Alec Guinness himself, pourquoi pas un R2D2 qui se mettrait à voler, tant qu’on y est ! Enfin, j’imagine qu’il ne faut pas trop chercher, pas se demander non plus pourquoi un Jedi utilise ses pouvoirs à tout bout de champ pour escroquer les braves petits commerçants en piétinant à la fois le libre-échange et le libre-arbitre ni pourquoi il passe son temps à voler dans les airs sur des choeurs outranciers…

Non, en fait tout ça, à la limite ça peut passer, ce qui gêne vraiment, c’est d’abord un conseil Jedi grotesque avec un conehead barbu, un Samuel L. Jackson au ras des pâquerettes et surtout un Yoda dans une tentative improbable de rajeunissement qui a l’air paradoxalement d’avoir pris un sacré coup de vieux, c’est pas demain la veille qu’il va se mettre à sauter partout lui, au moins, c’est toujours ça de pris…

Ensuite, toute cette connerie des midi-chloriens est absolument insoutenable je vais d’ailleurs faire comme si je n’avais rien vu.

Tiens, tant qu’on est dans la bêtise inutile, le coup de l’immaculée conception, sérieusement, autant éviter, ça ne sert à rien, ça alourdit tout et ça donne le signal des rires en plein milieu de l’émouvante tragédie, c’est ballot, quand même…

Et les Sith, bon, c’est probablement pas l’idée du siècle non plus, mais si vous y tenez, évitez le modèle en robe noir à couronne de corne sur visage rouge strié de noir avec sabre double, c’est peut-être pratique pour vendre des jouets au fast-food du coin sans que personne ne se méprenne sur l’origine, mais dans un vrai film, un méchant de ce calibre, c’est extrêmement embarrassant, surtout pour faire un petit tour et s'en aller, c'était pas la peine de me brûler les yeux rien que pour ça…

Enfin, de toute façon, tout ça n’empêcherait pas l’épisode 1 d’être un honnête divertissement s’il n’y avait en plus à supporter pendant toute la durée du film l’insupportable Jar Jar Binks, exemple parfait de ce qu’il ne faut jamais faire dans un film. Tout à la fois caution comique pour enfants attardés et prouesse technologique sans fondement, l’immonde personnage n’a de cesse de vous faire pousser soupir après soupir jusqu’à ce que les grognements s’en mêlent, puis les cris, enfin que vos derniers cheveux devenus blancs s’arrachent par poignées dans un râle sans espoir. Jar Jar qui glisse, Jar Jar qui tire la langue, Jar Jar qui marche sur une bouse, Jar Jar qui se coince la main, Jar Jar qui tombe, Jar Jar qui remarche sur une bouse, Jar Jar qui geint, qui se tord, qui grimace, qui bafouille misérablement son sabir dégénéré de la voix la plus horripilante du monde, ça, par contre, c’est au-delà de mes forces.
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