Réconcilié depuis peu avec le cinéma asiatique (Black Coal, Tel père, tel fils), le plutôt bon accueil de "Still the Water" m'a convaincu d'aller le voir. Le résultat est que je me suis souvenu ce qui a pu m'ennuyer dans les films tel que "In the Moon for Love". L'immense lenteur de la mise en scène peut être aussi admirable que lassante.
« Tu est frustré et en colère car tu ne sais pas ce que tu veux ». Cette réplique tirée du film résume très bien mon ressenti durant le film. C'est extrêmement contemplatif et l'intrigue est trop sous-jacente. On contemple le décor mais ça devient lassant tant c'est posé, on est intrigué par des personnages s'exprimant très peu par les mots. C'est touchant par moments puis agaçant à cause d'une économie de paroles forcée. Le film déborde de dialogues pleins d'incompréhension, alors on est aussi noyé que les personnages. Une révélation, plutôt bien amenée, remonte le mystère à la surface mais ne désengorge pas le film de son apathie.
Comme elle est développée par toute petite touche, l'histoire peine à passionner. Ses protagonistes sont pourtant d'une simplicité sublime. L'ensemble du casting donne une interprétation remarquable, si ce n'est une tendance à l’exagération dans le mutisme pour Kaito (Nijirô Murakami). La photographie transporte, la toute dernière nage en particulier.
"Still the Water" nous plonge en apnée dans des eaux troubles. Une longue et lente nage aidée par de bonnes inspirations qui évitent la noyade. On reste dubitatif sur le sens de la violence faite à la faune et la flore durant ce film.