"Texasville" est une comédie de moeurs provinciales mi-figue, mi-raisin dont les sujets forment une communauté de quadragénaires englués pour la plupart dans leurs psychodrames familiaux ou adultères dérisoires. Ce sont de grands enfants et, bien souvent, se conduisent comme tels. Parmi eux : Duane, le personnage de Jeff Bridges, poursuivi par ses souvenirs de jeunesse et plus particulièrement par celui de la belle Jacy, de retour au pays.
Duane semble mesurer le temps et être le témoin le plus lucide d'une génération qui n'a rien su construire de très solide. Ce n'est donc pas un hasard si Peter Bogdanovich situe son récit à Texasville, un coin riche de son pétrole mais dont les puits si prolifiques autrefois restent stériles. L'analogie avec les personnages est évidente.
La représentation ironique et loufoque de ces caractères futiles et passéistes, au coeur d'une ville végétative sinon morte, donne lieu à des séquences amusantes. Puis le film, gagné par une certaine amertume, tend à ronronner un peu et, trop long sans doute, n'évite pas le bavardage autour de métaphores pourtant assez claires.