The Boneyard
6.1
The Boneyard

Film de James Cummins (1991)

Technicien dans le domaine du maquillage et des effets spéciaux (La Féline The Thing HouseRéincarnation ...) James Cummins réalise son premier long métrage au début des années 90 avec The Boneyard qui n'aura jamais les honneurs d'une sortie en salles et sera distribué directement en vidéo comme beaucoup d'autres productions horrifiques de l'époque. Comédie horrifique très bis et assez étrange le film sera d'ailleurs distribué aux USA avec deux jaquettes différentes l'une mettant l'accent sur la comédie et l'autre sur l'aspect plus horrifique du film.


The Boneyard nous raconte l'histoire d'un vieux flic et de son jeune assistant qui viennent demander de l'aide à une femme aux pouvoirs psychique qui vit recluse dans sa maison afin d'élucider un triple homicide d'enfants liés à un culte surnaturel. Ils se rendent alors à la morgue afin d'observer les trois corps et découvrent une horrible malédiction pour une nuit de cauchemar.


Même si le ton est d'emblée un poil décalé j'ai longtemps cru que The Boneyard allait proposer un récit très premier degré, certes plombé par le jeu catastrophique de son casting, mais relativement dramatique et sombre dans son traitement. Le personnage de Alley Oates, femme obèse vivant ses pouvoirs psychiques comme une malédiction la faisant passer pour une sorcière, fatiguée et minée par un passé douloureux avait tout pour être un protagoniste fort et riche psychologiquement. Malheureusement l'écriture très paresseuse du personnage et surtout le jeu assez catastrophique de la comédienne Deborah Rose vont vite annihiler les quelques espoirs fondés plus tôt. Le reste du casting est du même acabit avec Ed Neslson en vieux flic grisonnant très cliché et Norman Fell dans le rôle de son fougueux collègue. Seule la comédienne Phillis Dyler s'en sort plutôt correctement dans le rôle caricatural mais amusant de miss Poopinplatz, secrétaire rigide et fantasque de la morgue accompagnée de son affreux caniche à pompons au nom imprononçable de Floofsoms. Une fois les trois corps inertes d'enfants exposés dans une séquences assez glauques vu le contexte de comédie horrifique le film va un peu partir en vrille sans aucunes véritables explications. Il est question de cérémonie occulte asiatique, de cannibalisme, de sacrifice en tout cas les trois gosses deviennent des sortes de goules ou de morts vivants avides de chair et les humains se retrouvent contraints de survivre à la menace le temps d'une nuit. Le problème c'est que tout le film est installé dans une sorte de faux rythme un peu pataud et que James Cummins s'avère aussi peu à l'aise dans la dynamique de la comédie que dans la tension horrifique. Du coup le film n'est jamais franchement drôle, ni vraiment effrayant, et même si l'on ne s'ennuie pas l'ensemble paraît quand même très maladroit et pas toujours très emballant.


Si la mise en scène, l'écriture et la direction d'acteurs ne sont pas les points forts de James Cummins en revanche son amour des maquillages et des effets spéciaux sauve un peu la mise. Les trois sales petites créatures aux allures de gnomes ont de délicieuses sales petites gueules de cauchemar et le fait qu'ils ressemblent à des enfants morts vivants rend leur aspect franchement inquiétant comme lorsqu'ils se nourrissent des cadavres de la morgue. Les maquillages sont vraiment une franche réussite et ces créatures dans un autre contexte plus sombre auraient clairement pu devenir absolument terrifiantes (je vous laisse jugez ICI). La contamination touchera aussi les humains et l'on se retrouvera avec une version géante et amusante de miss Poopinplatz et de son sale clébard. Forcément quand on me prend par les sentiments versant bis je deviens magnanime et un film avec un caniche géant avec un petit ruban rose sur sur la tête ne peut pas être tout à fait mauvais même si tout le reste autour est assez moyen.


The Boneyard est une curiosité qui est loin de pleinement convaincre puisque le film de James Cummins ne rempli jamais pleinement sa double prétention de comédie et de film d'horreur. Le film semble s'être un peu perdu dans une dimension étrange entre les deux et c'est d'autant plus dommage que les effets spéciaux et maquillages sont eux à l'image de ce qu'aurait du être le film la fois drôles et effrayants.

freddyK
6
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le 12 mars 2025

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Freddy K

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