Aujourd’hui, je vous parle de Tokyo Waka, un court documentaire réalisé par John Haptas et Kristine Samuelson en 2012, que j’ai noté 9/10.
Ce film m’a profondément marqué par son point de vue original : il explore Tokyo à travers ses corbeaux. Oui, des corbeaux. Ce choix, qui peut sembler anecdotique, révèle en réalité un regard très subtil sur la relation entre la ville et la nature. On découvre une Tokyo fragile, vivante, en constante adaptation — et les corbeaux deviennent un miroir de cette transformation.
Le film adopte une forme contemplative, presque méditative. Il n’y a pas de narration classique : ce sont les témoignages de Tokyoïtes — jardiniers, moines, citoyens — qui tissent peu à peu un portrait collectif. Cette diversité de voix, sans jamais être moralisatrice, nous pousse à réfléchir à notre place dans un monde où l’urbanisation efface peu à peu le vivant.
Visuellement, le film est très beau. Les plans sont précis, presque poétiques, et la musique, discrète, laisse la place au silence, à l’observation. C’est un film qui prend son temps, et qui nous oblige à faire de même.
Pourquoi 9 et pas 10 ? Parce que ce rythme lent peut parfois nous perdre un peu. Mais c’est aussi ce qui fait sa force : Tokyo Waka n’impose rien, il propose une expérience.
En bref, c’est une œuvre discrète mais puissante, qui transforme un simple oiseau en symbole de résistance, d’adaptation, et même de beauté. Un vrai coup de cœur.