Quand j’ai appris que TRON: Ares allait être réalisé par le metteur en scène du dernier Pirates des Caraïbes et de Maléfique 2, avec Jared Leto en tête d’affiche, je me suis tout de suite dit que ça puait. Et je ne parle même pas du fait que Disney ait déjà enterré, déterré, puis réenterré la licence avant de la ressortir encore une fois, comme un zombie marketing destiné à combler sa crise d’identité.
Mais en tant que fan de Tron, j’espérais malgré tout être agréablement surprise.
Eh bien non. Ce film est une purge, autant comme renaissance de la saga que comme œuvre indépendante.
L’intrigue repose sur un affrontement simpliste entre deux entreprises rivales voulant s’approprier un code capable de matérialiser définitivement des programmes. L’une veut l’utiliser pour le bien — produire de la nourriture à volonté —, l’autre pour créer des armes et les vendre, parce que c'est un vilain méchant pas beau.
Et au milieu, un semblant de réflexion sur l’IA, censée développer des sentiments et une conscience. Une idée déjà usée jusqu'à la moelle, mais en plus tellement survolée et écrite avec le c*l qu’elle tombe à plat. D’autant plus absurde que les programmes ont toujours eu une conscience et des émotions dans l’univers Tron. Ici, c’est comme si le film avait oublié qu'il fait parti d'une licence.
Malgré cette intrigue de base simplissime, le film réussit quand même à être confus. Le montage est chaotique, le découpage bancal, et on multiplie les sous-intrigues inutiles pour donner une illusion de profondeur. Résultat : au bout d'un moment, on ne sait même plus qui est contre qui.
Les personnages sont aussi vides que mal écrits. Certains sont à peine introduits. Jared Leto, censé incarner un programme complexe, est aussi expressif qu’un poisson mort — et pas parce que son rôle le justifie, mais simplement parce qu’il ne joue pas.
TRON: Ares n’a du monde de Tron que le nom, quelques clins d’œil forcés et une esthétique vaguement inspirée. Les personnages des films précédents sont à peine évoqués, et surtout, on ne retrouve rien de ce qui faisait le charme de la saga : une esthétique futuriste soignée, des musiques mémorables (Daft Punk manquent cruellement ici), une dimension mystique et philosophique, et un univers cohérent, stylisé et visionnaire.
Le premier film était avant-gardiste. Le second, Legacy, sublimait cet héritage. Ce troisième opus, lui, n’est qu’un film d’action/sci-fi générique sur l’IA, au scénario bateau et incohérent, sans identité ni regard. Même visuellement, c’est le néant : la plupart des scènes se déroulent dans le monde réel, et aucun plan ne reste en mémoire.
Tout dans ce film respire l’opportunisme. Un peu comme le premier Resident Evil, qui n'était pas censé être un film Resident Evil, mais que l'on a gratifié du nom, parce qu'il avait un scénario un peu similaire.
TRON: Ares n’est pas un film Tron — c’est une usurpation d’identité. Une coquille vide.
On peut reprocher bien des choses aux précédents opus, surtout sur le plan du scénario, mais ils avaient au moins la décence d’être beaux, inventifs et porteurs d’un vrai univers.
Ici, il n’y a absolument rien à sauver. Ce n’est ni un hommage (même s'il tente quelque chose pour faire genre), ni une suite, ni même un film correct : juste un produit creux, sans vision, qui trahit tout ce que Tron représentait.