Comment ne pas être épouvanté devant un tel pandémonium du mauvais goût hollywoodien ? effaré à l’écoute d’un panégyrique niais où l’enchantement du monde se voit dégradé en guimauve insipide ? Winter’s Tale ne sait comment croiser ses époques, se prend les pieds dans un dispositif qui recourt à la magie non pour ouvrir des portes vers un ailleurs mais pour relancer encore et encore son récit et tenter de s’extraire des impasses dans lesquelles il se met, à l’instar du personnage campé par Colin Farrell en ouverture. La romance à l’eau de rose échappe à toute spontanéité, accentuée par une imagerie hideuse – la lumière révulse, la faute à une gestion approximative du numérique qui peine à s’ajouter aux prises de vues réelles –, par une voix off et des dialogues que l’on croirait empruntés à d’autres productions antérieures, sans oublier la partition musicale au plus bas, pourtant cosignés par Hans Zimmer et Rupert Gregson-Williams. Personne ne semble croire à cette histoire abracadabrante, tremplin vers la caricature bouffie pour des comédiens venus ici se ressourcer financièrement avant de repartir vers des horizons créatifs véritables.