Avec William Dieterle, l'efficacité narrative et la compréhension du personnage, des enjeux de son oeuvre ou de son ouvrage passent par une dramaturgie démonstrative et des plus prosaïques. La biographie du fondateur de la fameuse agence de presse Reuter n'échappe pas au style grossier qui caractérise les portraits édifiants de Dieterle (et de la Warner de l'époque).
Ainsi Julius Reuter n'est pas seulement un homme de talent, un visionnaire qui révolutionne la circulation de l'information, c'est aussi un type bien, un philanthrope désintéressé, intègre et, comme Zola, Pasteur ou le docteur Ehrlich (autres héros des hagiographies de Dieterle), un homme attaché au seul progrès de l'Humanité.
La véracité et la célérité de l'information sont ses seules préoccupations. Déjà, enfant, comme ose le montrer le cinéaste, il s'émeut de la lenteur du courrier. C'est dire sa précocité et sa prédestination. Sa gloire sera aussi d'avoir raison contre tous et d'avoir tenu bon. Il faut dire que ses contradicteurs et détracteurs sont aussi obtus dans l'obscurantisme que prompts au revirement.
De l'utilisation des pigeons voyageurs à celle du télégraphe, Reuter fait figure de pionnier du journalisme moderne. Il a la chance d'avoir avec lui son épouse, un peu en retrait mais toujours présente et fidèle, comme doit l'être la femme américaine selon Hollywood.
Il reste qu'à certains moments, lorsque la mise en scène met de côté ses maladroits accents emphatiques, le film montre qu'il aurait pu être une intéressante chronique d'un monde qui, progressivement, s'ouvre, se développe, grâce à l'accélération des moyens de communication.