Immersion contemplactive

Avis sur Abzû sur PlayStation 4

Avatar Tanguy Labrador Ruiz
Test publié par le
Version PlayStation 4

Développé par Giant Squid Studio, avec Matt Nava à la direction/direction artistique et Austin Wintury pour signer la bande-originale, deux noms qui étaient derrière le désormais célèbre Journey, il est impossible de ne pas comparer ces deux opus.

Ce n'est pas pour autant qu'Abzû doit souffrir de cette comparaison: si les mécaniques de jeu sont très similaires et que le thème du parcours initiatique/voyage spirituel/méditation est commun à ces deux oeuvres, il ne faut pas voir Abzû pour une oeuvre moins originale ou comme une suite basée sur une formule qui fonctionne.

À mon sens, Abzû se doit d'être joué et compris comme une oeuvre complémentaire à Journey, les deux formant un tout intimement lié : Journey se déroule dans le désert, Abzû sous l'ocean. L'un nous fait fait fendre l'air, l'autre les courants marins. Le premier nous confronte à de vastes étendues désertiques, au sein desquelles nous ne croiserons que quelques rares compatriotes, le second nous plonge aux côtés d'une faune et d'une flore grandissantes..

Les deux, nous font découvrir la disparition d'une grande civilisation (d'inspiration sumérienne dans le cas d'Abzû), détruite par un mal inconnu, nous laissant le soin de décrypter des bribes d'explications disséminées dans l'environnement qui se dévoile à nous. Les deux, nous laissent le choix de l'interprétation, de l'exploration, du questionnement ou de la simple contemplation. D'être libres.

On remarquera également le lien évident avec le jeu flOw, du même studio, qui nous emmenait lui-aussi à la recherche de la vie au fond de l'océan.

Là où Abzû déçoit par rapport à Journey, c'est au niveau de sa rejouabilité, qui est pour ainsi dire inexistante. Certes, on pourra tenter de récolter les coquillages ratés lors du premier run. On pourra toujours se relaxer en nageant au milieu de toutes sortes de créatures marines (dont quelques préhistoriques, assez cool), mais on regrettera l'absence de retrouvailles avec d'autres joueurs comme dans Journey. Le voyage ne pourra donc que se faire seul. Et, pour ma part, je ne me vois pas le refaire de si tôt. Du coup, on ne pourra que trouver l'expérience très courte, même si elle s'avère maîtrisée et fantastique de bout en bout. Heureusement, le jeu peut être obtenu pour une poignée d'euros, je ne me suis donc pas senti lésé, contrairement aux joueurs ayant déboursé 15 ou 20 euros lors de la sortie.

Pour le reste, Abzû est magnifique. L'Unreal Engine 4 est parfait pour cet environnement sous-marin. La lumière est belle, les mouvements sont fluides, les animaux sont parfaitement animés. Si, de temps à autre, la caméra fait des siennes lors de nos acrobaties aquatiques, la jouabilité reste très bonne. Quand on connaît le passé des phases de jeu impliquant de l'eau, c'est un exploit!

La musique est également au rendez-vous. Comme dans Journey, chaque niveau et chaque transition possède son morceau. Lorsqu'on s'éternise quelque part (on y est d'ailleurs incité par le jeu), la composition tourne de manière élégante en boucle. Toutefois, j'ai trouvé certaines ambiances maladroites et pas tout à fait appropriées au moment auxquelles elles étaient attachées. À réecouter toutefois, comme je suis en train de le faire en écrivant ces lignes!

Abzû est donc un pur moment de légèreté, de simplicité et, pour certains, d'introspection.En effet, comment ne pas réfléchir au monde (marin) qui nous entoure? À notre impact sur celui-ci? La métaphore écologique est d'ailleurs bien présente lorsqu'on découvre la source du mal qui ronge le monde que l'on y explore. Au-delà de ça, on peut aussi y jouer pour sa beauté et sa direction artistique très réussie, le temps d'une soirée ou d'un dimanche après-midi pluvieux.

À faire au moins une fois. Juste avant ou juste après Journey!

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