Quand est-ce qu'on prend des cours de game desing déjà ?

Avis sur Assassin's Creed IV: Black Flag sur Xbox 360

Avatar Engy Near
Test publié par le
Version Xbox 360

Je vous préviens immédiatement, je suis une immense fan de la licence, certes, mais cela ne m'empêche pas de ne pas être objective et encore moins de dire: "C'était putain de mieux avant" tout en rajoutant que les idées sont bonnes mais exploitées assez inégalement.

Nous incarnons donc un aïeul de Connor, le pirate gallois Edward Kenway au temps si fantasmé de l'âge d'or de la piraterie dans les Caraïbes ensoleillées à bord d'un superbe brick aux voiles gonflées par le vent et la soif de richesse. Edward c'est un peu le "bad boy" de son temps, uniquement assoiffé par des coffres bien garnis et surtout de rhum à moitié tiède. Ce n'est pas un assassin par conception politique mais bien parce que le costume le rapproche plus facilement de l'Observatoire, relique inestimable après laquelle courent nos deux factions bien connues.

En terme d'histoire, voilà, on se doute de certain retournement de situation comme on se doute que mémé ne va pas courir un marathon et franchement, je n'ai aucune forme d'empathie pour le personnage dans la mesure où on retrouve le cliché parfait du pirate et pour une série de jeux qui se veut proche de l'histoire, je trouve qu'on est sur le cas d'école du cliché romantique de la piraterie libérée sans aucune nuance, c'est bien dommage.

D'un point de vue gameplay, alors là, mes amis, c'est le festival. Autant on sent bien que les phases en bateau ont été réfléchies au poil de cul pour proposer des mécaniques bien huilées (qu'on avait déjà vu dans le 3 mais bon passons) autant les phases sur terre sont entre le ridicule et le très très énervant. C'est comme si la licence avait fait un bond en arrière en terme de game design. Parce que rappelez-vous dans le 3 on pouvait grimper aux falaises, ce qui semblait tout à fait logique quand tu vois le perso se faire des clochers d'église dans le plus grand des calmes. Mais là non, la falaise, c'est interdit. Pour moi, faire une suite, c'est quand même garder certaine mécanique déjà introduite dans le précédant. C'est un peu comme si brusquement, dans Brotherhood tu ne pouvais pas nager.

Les collisions en carton, c'est le lot habituel me direz-vous. Les combats en mode, il y a un ennemi tu peux rien faire d'autre que de parer, c'est l'habituel. Les améliorations du domaine qui dans la majorité des cas ne servent à rien d'autre que faire joli, c'est la même depuis Révélation. Les items de lore qui servent à rien d'autre que te faire aller dans des endroits où il n'y a rien d'autre que l'item en question, c'est toujours comme ça. Les mini-jeux à la con pour débloquer des tenues qui, dans les anciens te demandait de te taper un donjon infernal, c'est fini. Bref, sur terre on se fait chier comme un rat mort en plus de subir des incohérences de game design du genre Edward peut monter à une branche basse mais pas à une autre branche du même arbre qui encore plus basse, ni monter certaine pente qu'un bébé à quatre pattes pourrait ou alors sur un certain bâtiment, tu ne peux pas monter à une fenêtre parce que tu dois utiliser celle dont le verre est cassé pour te tenir. Vous sentez ce fumet délicat de logique là ? Je ne demande pas du réalisme, juste de la putain de cohérence.

Quant à la mer et bah mon cochon, c'est super bien, vraiment, t'as plus envie de la quitter quand tu y es. Il y a de la pêche, des bateaux à couler à foison, des forts, des events dynamiques du genre les Anglais mettent une branlée à des navires espagnols, des alliés random peuvent t'aider à couler des galions, des baleines qui sautent hors de l'eau, des changements brusque de temps avec des mégas tempêtes. Bref, en mer, on se sent dans un bon jeu. Certes il faut farmer à mort pour avoir un brick d'enfer qui poutre du Man'o War et de la frégate en deux deux, mais tout de même c'est fun et bien réfléchi.

Mais tout cela s'explique par le fait qu'Ubi voulait sortir un jeu de la licence par an, ce qui est absolument insuffisant pour remplir le cahier des charges d'un jeu d'une telle envergure. Car là où les anciens ne proposaient qu'une seule map bien définie, ici il fallait en plus de faire cette map, créer toute une autre à parcourir en navire avec ses items et ses events particuliers. Donc l'accent à été mis sur le côté navigation pirate plus que sur le côté assassin, ce qui nous donne finalement un jeu morcelé en terme de qualité. Bien sûr même si le côté marin d'eau douce est qualitatif, il faudra pourtant passer par la terre pour la campagne principale.

En fait, je dis que les anciens sont biens mais je pense qu'il y a une nuance. Les premiers AC étaient des petits chefs-d’œuvre de gameplay. Regardez le genre de l'action aventure aujourd'hui et vous ne verrez dans l'ensemble que des mécaniques qui viennent de ces jeux. Que vous aimiez ou non cette licence, se serait mentir que de nier l'apport qu'elle a eut sur le jeux-vidéo. Ce sont loin d'être des jeux parfaits mais il y avait tout à faire à cette époque et Brotherhood, qui se devait d'être une conclusion bénéfique à la série, était le point d'orgue, le paroxysme du gameplay Assassin's Creed. Ce n'est pas qu'il était bon à s'en tuer, mais juste un grand roi dans son domaine. Ce qui me fait chier, c'est qu'aujourd'hui la licence n'est plus ce précurseur tatillon et précis mais plus une machine à créer des beaux paysages et de bonnes expériences mais trop partielles. Certes, je n'ai pas pris la mer, c'est elle qui m'a prise, mais j'aurais préféré que la terre me rappelle à elle de temps en temps.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 233 fois
1 apprécie

Autres actions de Engy Near Assassin's Creed IV: Black Flag