Mieux qu'une mise à jour...

Avis sur Assassin's Creed Odyssey sur PlayStation 4

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Version PlayStation 4

Avec les précédents opus plus ou moins heureux, d'aucuns étaient en droit de croire à une simple mise à jour de Origins, genre la version 1.5 avec le même moteur, les mêmes décors et le même gameplay. Que nenni ! Un peu comme Brotherhood l'a été pour AC2, Odyssey est un véritable coup de fouet dans la licence qui peinait à se renouveler ces dernières années. Compliqué de savoir par où commencer, tellement le nouveau titre d'Ubisoft regorge de nouveautés. Alors essayons d'être un peu organisé.

La map, déjà. Elle est juste gi-gan-tes-que. Je ne saurais la comparer à Origins (laquelle était déjà très grande), mais là, franchement, quand je vois qu'au bout d'une semaine j'ai à peine découvert 15% de la carte, je me demande ce qu'elle va me révéler dans les prochaines semaines. Certes, il y a beaucoup d'eau, mais la partie terrestre est d'une richesse folle : PNJ, végétation, bestiaire, villes, méchants... Les paysages sont sublimes, peut-être même encore un peu plus riches que ceux d'Origins. Beaucoup de montagnes et de zones escarpées, mais qui ne sont pas un réel problème pour notre héros, capable de grimper sur tout. Car ça aussi c'est grisant : fini les chemins "virtuels" tracés par les développeurs, ici, vous pouvez montrer sur tout... y compris vous retrouver accrocher sur le service trois pièces de Zeus sur l'île de Kephallonia (ne me jugez pas, j'ai honte...). La partie aquatique est tout aussi riche, et les effets d'eau sont très sympas : on retrouve les mers déchainées et les vagues de Black Flag, et le bestiaire est tout aussi impressionnant : cachalots, requins... et dauphins. Le simple fait de passer sous le niveau de la mer permet de voir la vie de dingue qui pullulent sous l'eau, et nager entre les poissons et les méduses restent des moments grisants.

Côté personnages, on retrouve enfin des personnes charismatiques, et choisir entre un homme et une femme au tout début de l'histoire est un plus non négligeable. Ubisoft nous a promis des caractères bien différents et des orientations de l'histoire différentes selon si l'on joue Alexios ou Kassandra ; à voir avec le temps. La voix de Alexios en VF est celle de Adrien Antoine. Ce nom ne vous dira probablement pas grand chose, mais si vous y prêtez attention, c'est lui qui double aussi Batman dans les derniers jeux vidéo et le dessin animé, mais c'est aussi la voix de McGee dans NCIS. Bref, une voix profonde qui apporte grandement au personnage d'Alexios.

Les quêtes sont nombreuses, variées et un peu moins redondantes. Certes, on ne coupe pas aux traditionnels forts et camps de bandits, mais fait notable pour cet assassin's creed : l'ensemble de la map est disponible dès le début, et monter sur les points de vue permet simplement de révéler l'ensemble des points d'intérêts de la carte (les points d'interrogation à découvrir). L'introduction des zones gérées par un "chef" ne sont pas sans rappeler les zones à conquérir et à défendre de Revelations, et la nécessité de les affaiblir avant de penser à les attaquer est une bonne trouvaille. Les batailles entre spartiates et athéniens qui s'ensuivent pour prendre le contrôle de telle ou telle zone ajoutent un brin ce nervosité et de tension dans les combats. Car contrairement aux précédents opus où chaque héros savait clairement pour quel camp il se battait (assassin ou templier), l'arc narratif est bien plus complexe ici, puisque l'ont peut indifféremment aider les spartes ou les grecs selon les évènements de l'histoire principale... et de notre envie du moment. Pour l'instant, je ne suis pas encore allé assez en avant dans le jeu pour savoir si cela aura une incidence sur la fin ; Ubisoft ayant déjà annoncé que plusieurs fins étaient possibles à l'issue du jeu. L'avantage certain de ce mode de narration, c'est qu'ici, point de bons ou de méchants : à chaque fois qu'on souhaite aider une faction, les spartes ou les athéniens, un élément de l'histoire vient mettre en avant que ni l'un ni l'autre n'est vraiment du côté des "gentils". Cette absence de manichéisme est une bonne chose, et permet de faire un pas de côté dans la guerre que se livrent les supposés gentils "Assassins" contre les possibles méchants "Templiers".

Côté gameplay, Origins avait déjà fait un bond en avant en terme de difficulté, Odyssey fait à son tour un pas de géant. En choisissant le niveau de difficulté "difficile", attendez-vous à subir plus que de la résistance de la part des ennemis, car, ENFIN, ils attaquent soit de façon coordonnés contre le héros, soit vous attaquent carrément dans le dos. Et c'est principalement ce qui est jouissif sur les champs de bataille. Dans Odyssey, on meurt, et bien plus que dans les autres AC (pour celles et ceux qui jouent en niveau difficile). Le système de niveau des zones à explorer, mais encore plus des ennemis, n'est pas à prendre à la légère, et il faut réfléchir à deux fois avant s'attaquer à un ennemi même plus fort que vous d'un seul point. Je ne parle bien entendu pas des animaux sauvages, tout aussi agressifs et mortels, en premier lieu desquels les loups : il y en a à peu près partout, à tel point qu'ils vous feront les détester régulièrement très très fort. Fini aussi la parade simple... ici les ennemis vous démontent en rien de temps si vous ne faîtes pas preuve d'un peu de stratégie dans les combats. L'introduction des contres est une bonne chose, mais ne fonctionne pas à tous les coups, d'autant plus si l'ennemi en face enchaîne les coups. Mieux vaut parfois reculer pour mieux attaquer à nouveau. Toujours côté gameplay, les évolutions du personnage sont très interessantes, mais force est de constater que leur nombre très (trop ?) importants en font forcément passer certains sous silence, et on se retrouve à jouer avec les plus efficaces au fil du temps. Un peu à la Witcher 3, trop de spécialités tuent les spécialités. Dernier point concernant la difficulté : là où dans Origins il était aisé de tuer les ennemis d'une simple flèche en pleine tête, ce qui permettait notamment de conquérir un peu (trop) facilement les camps et les forts, que nenni ici avec les ennemis de même niveau. Afin d'avancer plus facilement dans le jeu, j'ai pris ainsi le parti de monter régulièrement mon niveau en réalisant des tâches annexes pour gagner des points d'XP. Certes, on peut crier au "farmage" artificiel, mais force est de constater que les missions annexes restent variées, même si on ne peut échapper au schéma "recherche d'information, recherche de la cible, assassinat". Autre point fort du gameplay : les choix de dialogue qui apportent une vraie dimension RPG à la série, sans pour autant la dénaturer. Savoir que telle ou telle discussion aura des conséquences non négligeables sur, parfois, la vie des personnages est assez jouissif. Idem pour les romances engagées avec les PNJ, choisir sa sexualité est peut être anecdotique, mais pour autant cela apporte un peu plus de sincérité au jeu développé par Ubisoft. La possibilité donnée dès le début du jeu de ne pas être trop aidé dans nos quêtes, notamment en n'indiquant pas systématiquement les objectifs sur la carte, mais uniquement des indications est une fausse/bonne trouvaille. L'aigle d'Alexios - enfin le drone - nous aide un peu trop facilement à débusquer les objectifs. Dommage. Dernier point : les batailles en bateau sont tout aussi nerveuses que pour Black Flag, et retrouver ces séquences de navigation est un vrai plaisir.

Côté musique et ambiance sonore, c'est aussi un petit bonheur. Retrouver le thème principal composé par Jesper Kyd (le thème d'Ezio) pour Assassin's Creed 2 est une pure merveille. La musique sait se faire discrète, mais les compositions restent quand même très jolies.

Jusque là, c'est un sans faute. Mais des fautes, pourtant, il y en a, certaines me conduisant à ne pas mettre la note maximale, mais à contenter le jeu d'un "petit" 9.

Déjà, les cinématiques. Elles ont un petit côté vieillot et rigides, et les expressions faciales ne sont pas leur fort. Les visages ont un côté cireux et lisse, et les expressions de Alexios tournent toujours autour des mêmes lorsqu'il converse avec un PNJ : sourcils froncés, mains sur les hanches, bras croisés... Pour autant les détails du personnage (cicatrices, musculature, pilosité...) sont impressionnants. Côté gameplay, on ne coupe pas aux traditionnels problèmes de textures, aux PNJ coincés dans les murs, au passage à travers des animaux tués, aux placements de caméras parfois hasardeux... Des problèmes que l'on retrouve à chaque fois dans les productions Ubi, ce qui, à force, est vraiment agaçant. Pour un jeu triple A on espérerait un peu mieux. Enfin côté histoire, même si l'on sait qu'on apprendra un peu plus de choses concernant l'ancienne civilisation, le début de l'histoire manque un peu d'emprise dans la mythologie des assassins... On en viendrait presque à oublier qu'on joue à un jeu qui s'appelle "Assassin's Creed" ! Attendons de voir la fin pour voir quelle jonction ils vont faire avec le reste de la licence. Côté gameplay, on pourra rager sur le niveau "difficile" tant il est rageant de voir la difficulté des zones croître en même temps que la niveau du personnage. Ainsi, si vous pensiez dézinguer plus facilement en accroissant votre niveau : que nenni ! On retrouve aussi quelques menus défauts déjà pointés dans Far Cry 2 : dès que vous libérez un camp de bandit, ne vous attendez pas à ce qu'il reste vide... il sera de nouveau occupé quelques minutes après ! Rageant. On regrettera aussi les très, trop nombreux temps de chargement...

Vous l'aurez compris, globalement, ce jeu est une vraie tuerie. D'une licence qui commençait sérieusement à avoir du plomb dans l'aile, Ubisoft a réussi à mieux la réinventer dans ses deux derniers épisodes. L'orientation plus RPG est un vrai plus, et force est de reconnaître l'influence qu'à pu avoir The Witcher 3 sur les dernières productions de jeu AAA. La durée de vie du jeu semble encore plus importante que Origins... et c'est tant mieux. Le jeu est beau, difficile et passionnant. Il reste plus qu'à le finir et j'essayerai d'updater cette critique dans les prochaines semaines.

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