Ce site utilise des cookies, afin de vous permettre de naviguer en restant connecté à votre compte, de recueillir des statistiques de fréquentation et de navigation sur le site, et de vous proposer des publicités ciblées et limitées. Vous pouvez accepter leur dépôt en changeant de page ou en cliquant sur le bouton “Oui J’accepte”.
Oui J'accepte

Un T-RPG qui pète le feu

Avis sur Bahamut Lagoon sur Super Nintendo

Avatar Julius
Test publié par le
Version Super Nintendo

En 1996, la Super Nintendo est sur le point de s'éteindre partout dans le monde. En effet, avec sa concurrente, la Megadrive, elle laisse de plus en plus la place aux consoles 32 bits déjà sur le marché. Cela n'a pas empêché la console, notamment au Japon (et surtout là-bas, d'ailleurs) de partir dans un chant du signe magnifique notamment en matière de RPG. Bahamut Lagoon fait partie des grands jeux que la console a pu donner aux japonais avant de s'éteindre, et nous allons voir pourquoi.

LES DRAGONS SOMMEILLENT
L'empire Granbelos dirigé par Sauzer et son bras droit Palpaleos, conquiert petit à petit tous les lagons célestes du monde d'Orelus qui se rendent sans opposer de résistance. Seul celui de Kahna essaie de résister. Malheureusement, ils savent que si Bahamut, le dragon sacré, ne se réveille pas, le royaume est perdu. Malgré tous les efforts, le roi n'y arrive pas. Il fait alors appel à l'escadron de dragons pour tenter de protéger sa forteresse, en vain. L'ennemi parvient à pénétrer dans le château, avec de lourdes conséquences : le roi est tué, la princesse emmenée en otage et le royaume est asservi.
Quelques années plus tard, les résistants de Kahna, grâce au retour de l'escadron dragon, décident de défier l'empire et de sauver la princesse. Le temps de la contre attaque semble enfin venu...
Le monde de Bahamut Lagoon est un monde flottant dans les airs. Les différentes îles sont appelées des « lagons » et sont de nature variée : certains abritent des villes, des forts, d'autres des forêts. On dit que les Dragons Sacrés, gardiens millénaires de ce monde, seraient cachés dans certains d'entre eux, et que selon la légende, un être capable de communiquer avec les dragons sacrés, le Dragnar, sera capable d'ouvrir la voie vers une nouvelle ère...

HOW TO TRAIN YOUR DRAGONS
Voilà pour le scénario de départ, qui est admirablement raconté dans le prologue du jeu, et qui est jouable, qui plus est. Le jeu comporte une bonne trentaine de chapitres, est un tactical RPG dans la forme avec des particularités : en effet, chaque chapitre est basé sur une intrigue qui permet d'en découdre avec les soldats de l'empire. Vous incarnez Byuu (vous pouvez changer le nom), le chevalier capitaine de l'escadron dragon, dans les phases d'aventure sur terre ou sur le Fahrenheit, votre vaisseau qui vous servira de base. Chaque bataille vous opposant à l'empire vous demandera de faire des préparatifs, car le jeu a une particularité: chaque unité dispose d'un dragon. Dragon que vous devrez nommer, mais aussi nourrir à l'aide des objets que vous trouverez un peu partout. Évidemment, il convient de les nourrir en fonction de leurs affinités ; par exemple, Salamando, le dragon du héros, aimera plus les objets basés sur le feu que sur la glace, qui seront à donner à un autre, mais rien en vous empêche de nourrir vos bêtes comme vous le souhaitez. Attention toutefois, car les bestiaux évolueront selon ce que vous leur donnez. Et comme dans Star Wars, ils évolueront soit vers le côté lumineux soit vers le côté sombre dans leur forme finale, chacune ayant des avantages et des inconvénients... Donnez des armes à un dragon ou des éléments offensifs, il gagnera en attaque, des objets de soin, il gagnera en points de vie (en plus des changements de niveau), des armures pour augmenter leur défense...A vous de voir. Bien entendu, n'oubliez pas non plus l'équipement de vos unités, pour parer à toute éventualité si la bataille s'avère plus rude que prévu.
Sur le champ de bataille, les joutes se déroulent en deux phases : les phases « joueur » et les phases « ennemi ». Vous voyez le capitaine de vos unités sur le champ de bataille, qui seront composées généralement de 4 combattants, aussi bien hommes que femmes. Il est possible, en passant par le menu et avant l'assaut, de spécialiser vos unités ou de mélanger les classes, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients : les chevaliers, vêtus d'armures lourdes, auront moins de champ de déplacement et moins de portée qu'une unité de magiciens, mais ils taperont fort et encaisseront mieux les coups en raison de leur résistance plus élevée. Une fois que vous avez déplacé votre unité, plusieurs cas s'offrent à vous : vous pouvez choisir l'option « field » qui permet de faire une action sur le champ de bataille, comme lancer un sort sur une aire donnée pour toucher une ou plusieurs unités adverses, appeler votre dragon et lui donner un ordre, comme une stratégie offensive ou défensive, utiliser un objet sur le groupe, ou finir le tour et passer à une autre unité. Si votre dragon est en mode offensif, il passera à l'attaque après la fin du tour de votre unité.
En cas de rencontre d'une unité contre une autre, le jeu passe dans un écran de combat comme dans un RPG classique, avec vos combattants à droite, et les adversaires à gauche. Vous entrez les ordres et le camp qui agit en premier dépendra de la phase de bataille, si c'est une phase « joueur », vous devrez sélectionner la commande « attack » vos unités agiront en premier, sinon, ce sera le contraire lors d'une phase « ennemi ». Chaque adversaire ne frappe qu'une seule fois et tous auront de l'expérience en fonction des dégâts infligés. L a quantité d'EXP récoltée et d'objets est plus importante, si vous parvenez à éliminer tous vos ennemis. Il n'en reste pas moins qu'on peut apporter un peu de piment aux joutes si on tient compte des propriétés du terrain : par exemple, lancez un sort de feu sur une forêt, elle sera en flamme et toute unité qui se trouvera dans la sphère d'effet des flammes subira des dégâts supplémentaires. Certains éléments du décor pourront également vous servir...ou vous nuire. Une bataille se termine si vous battez le chef ennemi, en général un sbire de l'empire, au début des soldats plus forts que la moyenne, atteignez un lieu ou vainquez un boss d'une autre nature (ça peut arriver). Chaque bataille gagnée apporte de l'EXP et de l'argent pour toutes les unités, permettant ainsi de faire évoluer les personnages même peu utilisés, ce qui évite de se traîner des boulets. Cependant, sauf si l'unité du héros est totalement anéantie, une unité ou un dragon qui tombent au combat ne sont pas définitivement morts : ils reviendront au chapitre suivant.

BAHAMUT,CA BUTE!
Bien entendu, le jeu est non seulement bon dans ses principes, mais on sent clairement que les 24 Méga qui abritent cette aventure ont été utilisés de façon magistrale.
Les graphismes sont fantastiques : c'est coloré, avec des effets juste hallucinants, il y a de gros sprites, des décors très détaillés, on trouvera rarement plus beau sur la console. Un T-RPG magnifique, où on prend plaisir à évoluer dans les différentes aires de jeu. Et que dire des dragons, très détaillés, quelle que soit leur transformations... Les personnages se distinguent tous ( sauf s'ils sont jumeaux, évidemment), et le tout baigne dans une lumière propre au jeu, lui donnant une ambiance unique. Le tout bouge bien et les scènes de combats ont leurs animations très travaillées.

Et que dire des musiques composées par Noriko Matsueda ! Il est vrai que je cite souvent Uematsu et Mitsuda (sans compter Sakimoto) notamment pour cette époque mais la compositrice de Bahamut Lagoon n'a rien à leur envier. Les morceaux sont recherchés, bien faits et exploitent à merveille la console. On notera aussi que les bruitages sont assez nombreux mais surtout, que les dragons disposent de cris, tous différents, ce qui témoigne du soin apporté au tout.

Le gameplay est instinctif et le mélange entre Tactical pour les déplacements et J-RPG pour les combats fonctionne à merveille. Les menus sont détaillés mais simples d'utilisation, tout comme les achats ou reventes d'objets. Si vous avez joué à un jeu du genre nul doute que vous vous y retrouverez.

Côté durée de vie, comptez une bonne trentaine d'heures au bas mot. Plus vous avancerez, plus les batailles seront longues. Cependant, la difficulté n'est pas très élevée et vous n’aurez normalement pas trop de difficultés à franchir les étapes, notamment si vous avez plus de deux neurones et donnez à manger aux dragons régulièrement. Cette facilité n'empêche pas l'aventure d'être très intéressante à jouer.

L'histoire est bien construite, et les rebondissements, souvent assez inattendus pour un jeu du genre, sont bien amenés. Si elle n'atteint pas la profondeur d'un Final Fantasy Tactics qui ne sortira que trois ans plus tard, et qu'au final elle pourra paraître bien naïve de nos jours, on se laisse emballer par cette aventure, notamment avec des personnages vraiment travaillés et dont certains dévoileront leur passé au cours du jeu. Vosu trouverez aussi dans le jeu beaucoup de phrases à double sens... De plus, c'est une ode à l'onirisme, au rêve, dans un monde flottant dans les airs. On passera sur les quelques problèmes d'IA aussi bien pour les ennemis que pour les alliés. N'oublions pas que nous étions en 1996.

VERDICT:
Bahamut Lagoon fait partie de ces perles du RPG dont on regrette que la sortie ne fut cantonnée qu'au Japon. En effet, sa réalisation magnifique en tous points, son univers enchanteur, son histoire riche en rebondissements et son système de jeu complet font de lui un excellent Tactical. Un peu naïf, il n'en reste pas moins une aventure à tenter.

POINTS POSITIFS:
C'est magnifique
Un régal pour les oreilles
Un bon scénario
Système de combat très complet
Bonne durée de vie
Un parfait mélange entre Tactical et J-RPG

POINTS NÉGATIFS :
Un poil trop facile, tout de même...

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 465 fois
3 apprécient

Julius a ajouté ce jeu vidéo à 7 listes Bahamut Lagoon

Autres actions de Julius Bahamut Lagoon