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Sic semper tyrannis, ou «Ainsi, toujours aux tyrans», telle est la devise de la Virginie, l’une des Treize colonies britanniques qui ont fondé les USA. Terre espagnole, puis anglaise mais avant tout indienne, elle semble cacher bien des mystères.

L’île de Roanoke se situe près des côtes de Caroline du Nord et doit sa popularité à la terrible histoire de ses colonies anglaises venues s’y installer. Si la dernière a réussi à s’imposer pour ensuite devenir la Virginie que l’on connaît, les premiers essais ne furent pas franchement concluants. La première colonie en 1587 entre en conflit avec les habitants du coin, la tribu des Powhatans. Les anglais décident cependant de laisser quelques hommes et de revenir avec une centaine de colons pour s’installer définitivement sur les terres de ce Nouveau Monde. A leur arrivée, les quinze hommes laissés sur place avaient disparu, mais ils décident de s’installer tout de même. John White, gouverneur de la colonie repart en Angleterre pour revenir avec des matériaux de construction ainsi que de nouveaux colons. A son retour trois ans plus tard en 1590, toute la colonie avait également disparu sans laisser la moindre trace, comme si elle s’était évaporée d’un coup. Aucune trace si ce n’est le mot «Croatoan» inscrit sur un poteau. Qu’a-t-il bien pu se passer? On suppose que les indiens ont peu apprécié ces visiteurs et s’en sont débarrassés à leur manière.

Pour leur premier jeu, les développeurs de Blackpowder Games se sont intéressés à cette histoire et l’ont adapté pour en faire un FPS d’explorateur dans lequel le joueur tente de rassembler les pièces du puzzle. Échoué sur les côtes de l’île, il se rend compte à son réveil qu’il est seul sur place. Vraiment seul? Pas si sûr, une jeune fille en rouge semble veiller sur lui et le met en garde sur ce lieu, lui demandant de partir. On se rend compte rapidement en explorant les environs que quelque chose ne va pas par ici, mais que faire d’autre? On avance lentement, on trouve un arc, on tue un conquistador de dos puis on récupère son arme, un mousquet qui nous rappelle qu’il faut l’utiliser avec précision, son temps de rechargement étant très long. Pour nous plonger dans l’ambiance, Betrayer nous fait jouer en noir et blanc avec du rouge très vif pour venir contraster et attirer notre regard. Les objets, les drapeaux, les flèches et certaines parties de l’armure des soldats sont rouges. Les développeurs ont toutefois ajouté la possibilité de personnaliser les options graphiques pour jouer en couleur, ce qui ne rend pas le jeu moins étrange pour autant. Le vert devient ultra dominant et teinté de rouge, là encore.


Black, blanc, red



L’ambiance étrange pèse davantage à l’arrivée au premier camp de l’île, désert, dont les fortifications en bois sont criblées de flèches et dans lequel on voit des personnes figées, en cendres, prêtes à s’effriter si on les effleure. Au milieu de tout ça, une cloche qui, lorsqu’on la fait sonner, fait basculer le joueur sur un autre plan, l’image passant en noir et gris foncé avec un peu de blanc et de rouge. Sur ce plan, plus aucun soldat espagnol, mais des totems envoûtés à démystifier en tuant les ennemis aux alentours, des squelettes ou des crânes volants. C’est tout? Oui, c’est tout, ces ennemis sont parfois nombreux mais faciles à éliminer et surtout, ce sont les mêmes tout au long de l’aventure. Sur les huit zones que comporte le jeu, on croisera des squelettes, des conquistadors armés, d’autres plus costauds qui jettent des rochers ou des Powhatans armés d’arc et assez nombreux. Rien d’extravagant, que du raccord avec l’univers mais cela manque cruellement d’audace de la part des développeurs. Les zones se suivent et ressemblent: forêt dense, un fort ou une ou deux cabanes, un poste de garde, une cloche à actionner pour démystifier la zone et passer à la suivante et plein de babioles à trouver.

Sur ce point, le jeu est ultra complet. On lit des notes, on trouve des objets, des armes, des munitions, des charmes pour s’octroyer des effets permanents, on peut même parler aux morts, certains nous demandant de retrouver un proche, d’autres à guider vers le son de la cloche pour qu’ils puissent partir en paix. Sans dévoiler le dénouement du jeu, on cause également avec la jeune fille en rouge, prête à nous aider sans que l’on sache qui elle est vraiment. Amicale, elle se promène pieds nus, possède un arc mais ne voit rien ni personne d’étrange. Se fout-elle de nous? Souhaite-t-elle vraiment nous aider ou nous mener vers une mort certaine? A l’origine de F.E.A.R., le studio Blackpowder Games sait attiser notre curiosité comme il le faut et nous montrer suffisamment pour qu’on veuille en voir davantage. Ne nous-y trompons pas, Betrayer offre une ambiance réellement prenante et le noir et blanc rend l’atmosphère tout de suite particulière. Les bourrasques de vent permettent de passer dans le dos d’un ennemi et de s’en approcher sans être entendu, elles secouent les arbres et leur branche, donnant l’impression constante au joueur d’entendre un bruit suspect ou formant des ombres mouvantes menaçantes. La densité des bois est remarquable, on peine réellement à progresser et se repérer, les ennemis peuvent nous surprendre assez facilement.

A la rédac de CGF, on suit le développement du jeu depuis ses débuts, en témoignent nos deux zooms, le premier en juillet dernier et le second plus récemment. Pour cette version finale, l’habillage global est soigné, on remarque également quelques ajouts plus ou moins bienvenus. Il est possible de creuser à certains endroits pour y trouver divers items, de se situer sur la carte ou encore de se téléporter à un endroit déjà visité. Autre point, plutôt regrettable, la difficulté globale du titre revue largement à la baisse, avec en plus la possibilité de rendre les ennemis encore plus vulnérables en passant par les options. Les développeurs ont semblent-ils trop écouté la communauté et le jeu ne propose pas un spectacle épique, effrayant et prenant aux tripes comme on aurait pu s’y attendre. Le rythme de jeu est dans l’ensemble plutôt posé, calme et incitant le joueur à l’exploration. Certains lieux d’une zone sont truffés d’ennemis, occasionnant un duel à distance à l’arc, à l’arbalète et à l’arme à feu, le corps à corps étant en général fatal pour le joueur. On peut stabber les ennemis ou leur lancer des tomahawks, mais il s’agit vraiment d’un dernier recours. De plus, chaque camp possède un tonneau servant à restaurer la santé, ajoutant même la possibilité via un charme de récupérer deux fois 50 points de vie. L’aventure de Betrayer se conclut en quelques heures en y allant tranquillement, moitié moins en rushant.

On ne sait pas trop où Blackpowder Games a voulu nous emmener avec Betrayer. La fin du jeu n’en est pas vraiment une, les zones parcourues se ressemblent toutes et les ennemis peu variés. Pourtant, l’ambiance est excellente, l’univers est étrange, on perçoit quelque chose de malsain sur cette île, sans toutefois comprendre tout ce qui s’y est déroulé. Un excellent travail, très encourageant, mais ressemblant davantage à une mise en bouche sans plat de résistance.

RobinBeaugendre
6
Écrit par

il y a 6 ans

1 j'aime

Betrayer
HudsonSpike
3
Betrayer

Essai raté

Je ne vais pas m'étendre sur le jeu, je prends juste quelques minutes pour dire que Betrayer est raté. Séduit pas l'originalité des devs à nous faire parcourir un mode en noir et blanc, je suis vite...

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il y a 8 ans

1 j'aime

2

Betrayer
Boumagouelle
4
Betrayer

Coquille vide

Dommage ça commençait bien, malheureusement le jeu s'avère être terriblement répétitif et au final peu intéressant. Même si Betrayer possède une esthétique osé mais vraiment réussi, ça ne l’empêche...

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il y a 8 ans

1 j'aime

Betrayer
RobinBeaugendre
6
Betrayer

Essaie encore

Sic semper tyrannis, ou «Ainsi, toujours aux tyrans», telle est la devise de la Virginie, l’une des Treize colonies britanniques qui ont fondé les USA. Terre espagnole, puis anglaise mais avant tout...

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il y a 6 ans

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The Escapists
RobinBeaugendre
7

J'ai pas le temps, mon esprit est ailleurs

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