L'Oeuf de Faux Berger

Avis sur BioShock Infinite sur PC

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Version PC

Bioshock Infinite est exceptionnel, génial, transcendant même les lieux communs du jeu vidéo. Il mérite la hola qui est le consensus actuel, et il faut avouer que pour certains jeux, les accusations de “financement” des journalistes ne sont pas forcément fournies en preuves.

Pouvoirs, gestion de munition, léger loot : le gameplay Bioshock est là. Les fortifiants sont juste remplacés par des vêtements.La seule soustraction est que le jeu nous limite désormais à deux armes à la fois, nous obligeant à aborder les gunfights avec précaution. Parlons-en des gunfights : Ils sont étonnamment dynamiques, mais il faut s’y habituer (La faute aux nombreux inputs : L’ironsight est sur W, et non le clic droit qui sert aux pouvoirs, et la main gauche qui les “stocke” n’est pas visible). Les ennemis sont un peu trop agressifs (comprenez un tantinet cons), mais ils arrivent à nous surprendre parfois, par leur apparition ou leur variété. Et puis toutes les catégories d’armes sont là, sans apparaître au compte-gouttes et selon les nécessités comme pour le premier : Carabine, shotgun mitrailleuse, pistolet et même gatling composeront votre arsenal…conventionnel. Car n’oublions pas les pouvoirs ! Ils sont un peu l’écho des plasmides pré-existants, avec une particularité : une capacité secondaire “piège” qui s’utilise parfaitement en combat.

Ce qui frappe dans Columbia, c’est sa vie. Ken Levine lui-même a avoué que Rapture était un cimetière (on arrivait plus ou moins après la chute de Ryan), alors il a fait de la cité flottante un endroit qui grouille de choses à voir, de PNJ à entendre… Nous ne sommes plus le fossoyeur de Rapture, mais l’ange de Columbia. Cet ange qui vient la délivrer d’un étrange culte mélangeant utopie à célébration des fondateurs de l’Amérique, en passant par le culte de la personnalité de Comstock.

On a beau flirter avec les règlages “très faible” et la résolution, ça reste très beau grâce au moteur et surtout à la direction artistique. Rapture était séduisant malgré sa rouille et son austérité, mais son homologue aérien a tout pour lui, même une meilleure musique (Lacrimosa de Mozart, mon orgasme auditif en terme de musique classique, est présent )Desservi par un univers mature et extrêmement cohérent, même dans sa folie (quoique, une plage au milieu du ciel ?), le bac à sable d’Irrational Games possède en plus un level design parfois délicieux.

Parlons de nos deux protagonistes, qui représente à eux seuls 60% des dialogues du jeu (chiffre donné par Irrational) : Booker est un héros qui parle (rare dans les FPS ambiance), assez arrogant mais toujours bien intentionné. Et Elisabeth, une demoiselle en détresse à sauver ? Pas que. Malgré le fait que la doubleuse française laissait penser que le personnage serait totalement superficiel, il ne l’est pas du tout. “L’Agneau” est même l’un des PNJ alliés les plus utiles jusqu’à ce jour : Munitions, argent, santé : c’est un distributeur ambulant et réactif qui ne fait pas tâche dans le combat, et tout cela dans la mesure du possible ( a ce que j’ai pu comprendre, elle ne peut pas les faire spawner, juste les ramasser). Elle est parfois trop utile car elle nous ressuscite telle Elika dans PoP 2009. Les “failles” qu’elle créént, quant à elle, sont moins “évènementielles” qu’on pouvait le penser : Elles ne sont jamais seules, et la première utilisation est tactique : on switch d’une tourelle à des plateforme, voire à des munitions…C’est super bien trouvé et ça fonctionne. Bref, Elisabeth est comme son écriture (largement promue dans les trailers) : elle est marquée mais loin d’être banale : comprenez unique.

Enfin, il y a beaucoup de contenu, avec les logs audio, mais aussi des vidéos muettes, des objectifs secondaires qui forcent à faire du backtracking, et en général un tas de succès et de détails. On a quelques choix moraux à faire, sans grandes conséquences (c’était voulu), mais l’univers en gagne en cohérence et en chaleur. D’autant plus qu’ils jonglent avec des thèmes peu communs dans un jeu vidéo : le racisme, le réactionnisme, la religion, l’antisémitisme,…

Sur quoi puis-je chipoter un peu ? Ce sera sans doute sur la liaison entre Columbia et Rapture, finalement absente au bout de plusieurs heures de jeu. Considérons donc BI comme un spin-off ou un “renouveau de Bioshock”. je suis également un poil déçu par les rails aériens, assez peu présents pour le moment et au fonctionnement avec trop d’options (demi-tour, vitesse, changement de rail,maîtrise de la chute…) , mais qui nous offre quelques bonnes sensations. Enfin, je joue en normal (Le Mode 1999 n’est qu’un déblocable, et la flemme de taper le Konami Code) et je ne suis mort que par inadvertance, donc le jeu est sûrement un peu facile, et souffre d’un manque relatif de liberté laissée au joueur. Et là, je suis sérieusement à court de reproches. (Il a fait surchauffer mon ordi et j’ai failli perdre un ventilo, mais ça compte pas)

Bref, Bioshock Infinite, s’il n’était pas victime de ma sacralisation du premier épisode, aurait sûrement été le meilleur de la série pour le moment. Scénario, ambiance, phases de jeu : le jeu tape exactement là où ça fait mal, avec un équilibre étonnant : tout dans ce jeu a reçu un traitement royal afin de créer une sorte de parangon du jeu vidéo. Fignolée comme un caniche du seizième arrondissement de Paris (moins la condescendance), ma troisième précommande a encore une fois été une très très bonne affaire, et même la meilleure dont j’ai jamais profité ( sans rajouter Xcom et Spec Ops offert avec, plus le prix payé pour l’ensemble. Et je me demande si c’était mieux qui l’Orange Box) Je me réserve pour la fin, mais je risque d’avoir joué à un futur membre important de mon Top 10.

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