Booker et Elizabeth font les "2x8"

Avis sur BioShock Infinite sur Xbox 360

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Test publié par le (modifiée le )
Version Xbox 360

WARNING ! A HUGE SPOILER IS APPROACHING !

Pas si "huge" que ça, mais c'était pour pouvoir placer mon clin d'oeil en fait...
Parler de Bioshock Infinite sans évoquer un point qui ne l'ait déjà été risque de s'avérer assez compliqué.
Quelques critiques d'éclaireurs qui valent le détour pour commencer:

Ragnarök: http://www.senscritique.com/jeuvideo/Bio_Shock_Infinite/critique/17476064
Bunzer: http://www.senscritique.com/jeuvideo/Bio_Shock_Infinite/critique/15197217
Duffman: http://www.senscritique.com/jeuvideo/Bio_Shock_Infinite/critique/7097973

Et il y en a d'autres fort sympathiques aussi, mais d'abord là vous lisez MA critique, non mais ! Donc ce sera avant tout mon ressenti, mon expérience. Et qui dit "critique à moi" dit "titre pourri". Voilà, tout est en place.

COLUMBIA PICTURES PRESENT
Je lance le jeu, laisse tourner quelques instants (ben oui j'ai le portable juste à côté, je suis de nouveau sur SensCritique...encore). Une douce mélodie attire mon attention, je détourne les yeux de l'écran du PC, et tombe sur l'écran titre avec une démo et un excellent morceau en fond sonore: Beast, de Nico Vega. L'occasion d'avoir un aperçu de la direction artistique, qui tranche radicalement avec ce que l'on connait de l'univers Bioshock. Et de me rendre compte que décidément, l'Unreal Engine 3 a de beaux restes, et nous offre un dernier sursaut admirable.

A noter que j'ai découvert Bioshock très tard (une histoire de blister, comprenne qui pourra...), ce qui ne m'a pas empêché de me manger une grosse calotte, grâce à une direction artistique magistrale, un gameplay efficace, et une ambiance sonore et visuelle uniques. Mais je n'ai pas fait Bioshock 2, pour diverses raisons, je le possède depuis longtemps, pourtant.

PLASMIDE-O DOMINGO
"Vigor". Non, ceci n'est pas une marque de nettoyants pour sols, non, ce n'est pas non plus une marque de vitamines ou de shampooing prévenant la chute de cheveux. Mais bien la nouvelle dénomination des pouvoirs du héros, qui viennent remplacer les fameux "Plasmides". Ces Vigors ne sont pas très nombreux. Ils sont cependant assez originaux, et utilisables de diverses manières en fonction du maintien de la gâchette ou non.
Vous récupérez peu à peu ces aptitudes, et dirigez ainsi Booker DeWitt à travers ce nouvel espace aérien que constitue Columbia, véritable ville flottant dans les airs. La direction artistique est vraiment inspirée, même si à mes yeux elle n'atteindra que rarement la perfection d'une Rapture, dont le côté malsain aura davantage remporté mon adhésion. Cela étant, c'est purement subjectif, et je dois reconnaitre les efforts, mais surtout l'immense audace d'Irrational, de renouveler totalement la formule sur le plan visuel. Pari risqué, mais pari réussi donc.

RAPTURE DE STOCK
L'une des grandes nouveautés de cet opus, c'est donc d'être accompagné par une IA, en la charmante personne d'Elizabeth. Cette idée est véritablement casse-gueule tant cela peut constituer un handicap, ou simplement agacer, au travers de réactions totalement stupides, sans parler des bugs potentiels. On a déjà pu s'en rendre compte sur certains jeux par le passé.
Etais-ce un signe de part leur nom, toujours est-il qu'Irrational réussit un coup de maître invraisemblable, irrationnel. La balade à deux est plaisante, fluide à tout instant. Les deux protagonistes se découvrent peu à peu, et comme les dialogues sont souvent savoureux, tout comme la mise en scène (tout se passe à la première personne, cutscenes comprises, immersion garantie !), on en vient à se demander si nous sommes encore dans un jeu vidéo, ou si nous avons fini par basculer dans une dimension parallèle qu'on appelle "cinéma". Une bande son de grande qualité, et variée, complète idéalement le tableau. La demoiselle, enfermée semble-t-il depuis toujours, goûte à cette nouvelle liberté et vous aidera dans votre évasion, à renforts de trousses de soins, de sels pour les fameux Vigors, ou encore de munitions lors des (trop nombreux) combats que vous mènerez.

SHAKEDOWN 1999, COOL KIDS NEVER HAVE THE TIME
Car adeptes du gunfight, vous allez être servis ! Ces séquences ont été totalement repensées, et le jeu est devenu beaucoup plus nerveux et "immédiat". Problème: le "bestiaire" n'est vraiment pas varié, et les combats sont omniprésents, au risque de lasser un peu, sur la fin surtout. Heureusement, l'ingéniosité du level design fait que l'on n'a pas trop le temps de s'ennuyer, les approches étant nombreuses. Merci au fameux "Sky-Hook" et les "Sky-Lines", qui nous convieront à un véritable Rollercoaster meurtrier.

Reste que le jeu est devenu assez facile, merci le Revive à l'envi, le bouclier régénérant, et le "zéro tension" lorsque l'on sait qu'on ne risque pas de tomber à cours de munitions, entre la générosité de la donzelle, et les tonnes de loot à chaque coin de rue. On sent qu'Irrational cède à la tendance actuelle, heureusement sans excès, et tout en gardant un jeu à l'identité très forte, et surtout, gros point fort, à une histoire qui nous embarque dès le début avec des personnages principaux (Booker et Elizabeth) et secondaires superbement écrits (Rosalind et Robert, tordants). Une histoire de père, de fille et de "sans-esprit" ! Et d'alcool, et de dettes aussi, c'est joyeux ! Attention, départ imminent pour le Septième Ciel !

BIOSHOCK SCEPTIQUE
A mon sens, la plus grande réussite de Bioshock Infinite en matière de design restera le Songbird. A l'instar d'un Big Daddy, ses apparitions sont toujours fracassantes, quand elles ne sont pas juste effrayantes. En même temps, il y a une énorme poésie qui se dégage de ce "steampunk freak", ne serais-ce que la manière employée afin de communiquer avec lui. A défaut de véritable boss tout au long du jeu, il instaure une tension palpable et durable, jusqu'à ce qu'on..s'attache. Sa dernière séquence, avec Elizabeth, m'a littéralement retourné, quelle intensité !
Et pour enfoncer le clou, le jeu se permet l'une des meilleures fins qu'il m'ait été donné de voir dans ma longue vie de joueur. Celle de Spec Ops: The Line avait réussi à me mettre mal à l'aise, celle de Bioshock Infinite m'aura illuminé, de part la mécanique parfaitement huilée de l'intrigue, et le génie déployé dans l'écriture et la mise en images d'un dénouement qui restera dans l'Histoire du jeu vidéo, mais pas que.

Le seul véritable reproche que je ferais à ce Bioshock Infinite, c'est que malgré les quelques belles nouveautés en matière de gameplay, je me suis nettement moins amusé qu'en parcourant le premier. En revanche, le jeu a réussi à me transporter, bien au-delà de mes espérances, car c'était là que se situaient mes véritables craintes pour ce nouvel épisode. Et vraiment, mais quelle fin mes amis !

Bravo, Irrational Games.

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