À la Croisée des Mondes édition Gros Flingues

Avis sur BioShock Infinite sur PlayStation 3

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Version PlayStation 3

S'il est globalement bien noté dans la presse et jouit d'un bon accueil auprès du public, Bioshock Infinite se prend pourtant, depuis quelques mois, un retour en pleine gueule.

À mon sens mérité.

À sa sortie, je fus très pressé d'y jouer, séduit par la direction artistique et le contexte. Je n'ai pu y toucher que 6 ou 7 mois après sa sortie, faute de console ou de PC à disposition.
Eh bien quelle débandade.

Le jeu est beau c'est indéniable mais on a plus l'impression de naviguer dans un univers en carton-pâte ou à Disneyland que dans une ville. C'est plat, le level-design est complètement bordélique, du coup on navigue d'un endroit à l'autre sans savoir vraiment pourquoi. Certes, les skylines sont une bonne idée et c'est assez rigolo de se déplacer à toute berzingue dessus mais au final peu présentes et sous-exploitées.

Le gros problème du jeu réside dans son combo gameplay/narration (je reviendrais sur le scénario). Les phases de shoot sont ultra (mais alors ultra) bourrines, avec des pouvoirs (les Vigors) très peu efficaces et des ennemis beaucoup trop nombreux. Le jeu n'est pas vraiment difficile mais il punit la créativité. Si vous essayez d'être un peu audacieux et que vous voulez utiliser les Vigors de manière stratégique, ce que le jeu conseille, en pratique, c'est assez inutile et le meilleur moyen de s'en sortir est encore de se couvrir et de tirer bêtement sur la tête.
Ces phases sont intégrées de manière bien maladroite avec des séquences narratives appuyées par le personnage d'Elizabeth et ses dialogues avec Booker, qu'on contrôle. Il y a un écart constant avec le propos de notre personnage et ses actions. Booker est présenté comme un ancien héros de guerre qui cherche la rédemption parce qu'il a tué plein de chinois dans sa folle jeunesse à la guerre. Mais bon. Il tue sans doute plus de flics à Columbia et whatever.

On en arrive au scénario. Mais nom d'un chien, comment tout le monde à sa sortie a pu le trouver réussi? Et je ne dis pas ça pour aller à contre-courant ou pour reprendre Usul (dont j'ai vu la vidéo exprès une semaine après avoir fini le jeu) ou le second test de Gamespot (qui a alors foutu 4/10).

Je veux dire. On vous file un perso' capable de briser les limites de l'espace et du temps. Un héros au passé trouble. Vous savez qu'il y a un twist. MAIS LA FIN EST ÉVIDENTE, ELLE EST TOUTE TRACÉE, LES RÉVÉLATIONS ONT DES FICELLES GROSSES COMME LE CÂBLE TRANSATLANTIQUE. Elle n'a rien de surprenante sauf si vous n'avez jamais lu/vu/joué de SF de votre vie.
Après y a un débat pour déterminer si le jeu est raciste ou pas (vis à vis de l'oppressé qui se transforme en sauvage revanchard) mais je pense que si c'est le cas, c'est dû à la maladresse et l'immaturité du script plus qu'à une intention visible.

Un bon point néanmoins. Je trouve la VF remarquable, entendre Booker parler est un délice constant pour les oreilles et j'aimerais coucher avec la voix de Guillaume Orsat. En revanche le mixage est pas top, parfois je comprenais rien à ce que me disait Comstock, le vilain de l'histoire. Rien de sorcier, un passage dans les paramètres audio et zou.

Je ne trouve pas le jeu complètement mauvais. Il est juste très moyen. S'il n'avait pas les prétentions, le budget et le nom d'un grand jeu, je l'aurais peut être moins descendu.

Maintenant allez lire His Dark Materials, un livre pour enfant avec des failles transdimensionnelles qui ont de la gueule.

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