La puante imposture.

Avis sur Bravely Default sur Nintendo 3DS

Avatar the_darkfouine
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Version Nintendo 3DS

Quand un jeu vidéo commence avec un jeune garçon qui se réveille dans une auberge, on sait qu'on est en train de jouer à un j-rpg. On s'attend alors tout de suite à voir notre jeune héro partir en forêt couper du bois ou cueillir des pommes, et, en chemin, sauver une jeune demoiselle en détresse, puis, ensemble, décider d'aller sauver le monde en réveillant des cristaux magiques, le tout armé de son épée en bois.

Bravely Default, c'est ça. Il ne faut que quelques minutes au joueur pour s'apercevoir qu'il va vivre une aventure des plus classiques, digne des j-rpg d'antan.
Classique, mais fort sympathique. Naïf sans être niais, simple sans être simpliste, c'est volontiers que le joueur se laisse emmener dans l'aventure, et ce sur plusieurs dizaines d'heures.

Hélas, l'illusion ne dure pas. L'engouement fini par tomber. La douche est froide et la chute immédiate. Arrivés à ce qui aurait dû être la presque fin du jeu, celui-ci nous crache à la gueule :

"Ahah", rit-il,.
"Je t'ai bien bullshité la g hein?! Espèce de con!!" se moque-t-il.
"Tu vas devoir tout recommencer!" nous achève-t-il.

Car oui, je vous le donne en mille, il va vous falloir vous re-farcir tous les boss.
Là on se dit : "Ok, le jeu m'a bien eu, je repars donc pour un tour (ou presque), je m'en vais te torcher ça en mode rapide, et ça sera plié". Une fois la besogne accomplie on s’apprête à savourer la fin, mais :

"LOL" te dit le jeu.
"C'est pas finiiiii!!"
"Tu repars encore pour un tour!!"
"Hihihi, tu devrais voir ta tête!"

Effectivement notre tête est moche. Déconfite. La redite a du mal à passer. On se dit qu'on voudrait juste finir ce put** de jeu maudit et reprendre une vie normale. Après tout on la mérite, notre fin. On y a quand même passé une bonne 40aine d'heures. Mais non. Il va falloir se re-re-farcir tous les boss. On est tenté d'arrêter, de laisser tomber cette sombre farce, mais un gamer n'arrête pas un jeu en cours. On s'y remet donc, les doigts tremblant, les dents serrées, le cul qui saigne.

Arrivés à la fin de cette mascarade des enfers, on a enfin la fin du jeu. La bonne, la mauvaise -oui car il y 2 fins- je ne sais pas, je ne sais plus. On a enfin une fin, et c'est bien tout ce qui compte.

Cette loop infernale n'est malheureusement pas le seul défaut du jeu. D'autres, moins ahurissants, parsèment votre expérience de petites graines de caca qui gâchent le goût.
Comme par exemple l'extrême nullité des donjons ou leur musique unique. Ou bien les micro-transactions qui te sont suggérées çà et là.
Ou encore le fait que bon, on sent bien que la quête qui lie nos héros sent un peu le sapin, vu que nombreux sont les personnages qui nous mettent en garde contre "la sottise et le danger" de notre but (réveiller les 4 cristaux).
Le chef des "méchants" - qui est également le père de l'une des héroïnes – est un grand général, intelligent, craint et respecté, mais un peu trop concon pour expliquer à son adolescente rebelle pourquoi ELLE NE DOIT PAS RÉVEILLER LES CRISTAUX. Non, il préfère lui répéter en boucle qu'elle fait fausse route et qu'il n'hésitera pas à la buter si elle persiste.
La crétinité est de famille puisque la jeune gothique n'osera jamais lui demander "MAIS ENFIN EXPLIQUE MOI EN QUOI JE FAIS FAUSSE ROUTE S'IL TE PLAIT PAPA". C'est compliqué.

Tout est compliqué dans BD. L'aventure commence si bien, mais, pris dans ses contradictions, le jeu s'effondre et vous fait passer d'une joie naïve à la haine sanguinaire.

Mais, que BD ne tienne pas ses promesses et déçoive énormément, n'est en soi pas très grave, car ce sont des choses qui arrivent.
On a en effet tous déjà joué à des jeux très bons qui deviennent tout d'un coup très mauvais.
C'est énervant, c'est frustrant, on marronne pendant quelques jours, puis on sort de chez soi, on voit des gens, et on tourne la page.
Non, le véritable problème, ce sont les critiques dithyrambiques de la presse à l'époque de sa sortie.
Le jeu croulait littéralement sous les excellentes notes et les commentaires élogieux, et personne n'a relevé l’ÉPINEUX problème de son effondrement à mi-parcours.
Les raisons de ce malencontreux passage sous silence sont évidentes : c'est toi le fautif, toi seul. Oui oui, toi qui lis en ce moment même mon interminable critique. Laisse moi t'expliquer :

1-les journalistes vidéoludiques sortent leur test sans avoir fini le jeu : trop long. Un bon test nécessiterai de sortir 2, 3, ou 4 semaines après la sortie du jeu. Mais toi, sale bâtard, tu veux ton test le jour de la sortie, sinon t'es pas content et tu cliques ailleurs. Alors on te torche un test vite fait.

2-les journalistes vidéoludiques savent pertinemment que s'ils mettent une mauvaise note à un jeu hypé – par ailleurs très bien noté chez la concurrence - , toi, sale bâtard, tu vas faire la gueule, tu vas pas être content, et tu vas cliquer ailleurs. Alors on te fout une bonne note.

Bon, comme je te connais pas et que, après tout, tu fais parti des gens bien éduqués qui viennent chercher sur Sens Critique de quoi te faire un avis convenable, je retire ce que j'ai dit, ce n'est pas de ta faute, et tu n'es pas un sale bâtard (même si ça reste à prouver).

Bravely Default c'est un peu comme un fondant au chocolat, mais au cœur coulant de caca. Tu plonge ta cuiller dans le tendre gâteau, le chocolat se répand en toi qui te délecte de son gout puissant, et puis, arrivé au cœur, l'horreur s'empare de ton être, tu réalise avec effroi la puante arnaque mais c'est trop tard, tu auras beau enfoncer tes doigts au fond de ta gorge, rien ne pourra jamais faire sortir ce sentiment de dégout.

Au final, on ressort de cette aventure usé et déçu, et c'est avec un soupir de soulagement que l'on remet la cartouche dans sa boite, avant de la refermer à jamais.

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